Les textes du Prophète ﷺ se sont multipliés pour ordonner de hâter la rupture du jeûne et de retarder le Suhur, et ces textes ont varié dans leur indication de l’importance de cela : tantôt par l’injonction, tantôt par l’exposé de son mérite et de son immense récompense, tantôt par l’explication de certaines grandes sagesses qui en découlent, tantôt par l’interdiction de le délaisser, et d’autres formes d’indication encore. Parmi ces textes : ce qui est établi dans les deux Sahih qu’il ﷺ a dit : « Lorsque la nuit arrive par ici, que le jour s’en va par là et que le soleil se couche, le jeûneur a rompu son jeûne. »1 Il est rapporté dans les Sunan d’Abu Dawud et d’Al Tirmidhi, d’après Anas, qu’Allah l’agrée : « Le Messager d’Allah ﷺ rompait son jeûne avec des dattes fraîches avant de prier. S’il n’y avait pas de dattes fraîches, alors avec des dattes sèches. S’il n’y en avait pas, il buvait quelques gorgées d’eau. »2 Il est établi de lui ﷺ qu’« il ne priait pas le maghrib avant de rompre son jeûne, ne serait-ce que d’une gorgée d’eau »3. Et il ﷺ a dit : « Ma communauté ne cessera d’être dans le bien tant qu’elle hâtera la rupture du jeûne. »4 Et il a dit : « Les gens ne cesseront d’être dans le bien tant qu’ils hâteront la rupture du jeûne. »5 Et lorsqu’il rompait le jeûne, il disait : « La soif est partie, les veines se sont humectées et la récompense est confirmée, si Allah le veut. »6 Et il ﷺ a dit : « Venez au repas béni », c’est-à-dire le Suhur.7 Et il a dit : « Prenez le repas du Suhur, car c’est le repas béni. »8 Et il a dit : « Prendre le Suhur est une bénédiction, ne le délaissez pas, ne serait-ce que d’une gorgée d’eau, car Allah, Puissant et Majestueux, et Ses anges prient sur ceux qui prennent le Suhur. »9 Et il a dit : « Le Suhur est certes une bénédiction qu’Allah, Puissant et Majestueux, vous a accordée, ne le délaissez donc pas. »10 Et il a dit : « Prenez le Suhur, ne serait-ce que d’une gorgée d’eau. »11 Et il a dit : « Quiconque veut jeûner, qu’il prenne le Suhur avec quelque chose. »12 Et il ﷺ a dit : « Hâtez la rupture du jeûne et retardez le Suhur. »13 Et il a dit : « Avancez la rupture du jeûne et retardez le Suhur. »14 Et il a dit : « Trois choses font partie des caractères de la prophétie : hâter la rupture du jeûne, retarder le Suhur, et poser la main droite sur la main gauche dans la prière. »15 Et il a dit : « Nous, assemblée des prophètes, avons reçu l’ordre de hâter notre rupture du jeûne, de retarder notre Suhur, et de poser nos mains droites sur nos mains gauches dans la prière. »16
Ces hadiths multiples et variés ordonnant de hâter la rupture du jeûne et de retarder le Suhur attestent avec évidence l’importance de cette affaire considérable, dont tant de gens demeurent insouciants par méconnaissance de sa portée, des grandes sagesses qu’elle renferme et des effets louables qui en découlent. Bien plus, quand bien même hâter la rupture du jeûne et retarder le Suhur ne consisterait qu’en un pur suivi du Messager d’Allah ﷺ, une réponse à son ordre et une adoration insigne par laquelle on se rapproche d’Allah, Pureté à Lui, cela suffirait comme raison de le préserver et de ne point le négliger. Car l’amour d’Allah ne s’obtient que par cela, comme Il l’a dit, Exalté soit-Il (dans le sens rapproché) : « Dis : “Si vous aimez Allah, suivez-moi, Allah vous aimera.” » [Sourate 3, v.31] Il est établi dans les Sunan d’Al Tirmidhi, d’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Allah, Puissant et Majestueux, a dit : “Les plus aimés de Mes serviteurs auprès de Moi sont ceux qui hâtent le plus la rupture du jeûne.” »17 Et cela en raison de l’excellence de leur suivi et de la promptitude de leur réponse.
De plus, le Prophète ﷺ a enseigné que le repas du Suhur est un repas béni, que le Suhur est un repas béni et qu’il recèle une bénédiction. Cela témoigne avec force de l’immense valeur de cet acte d’obéissance, car la bénédiction l’enveloppe de tous côtés : bénédiction dans la nourriture, bénédiction dans l’acte lui-même, et bénédiction dans le temps. Il sied donc au jeûneur de rechercher cette bénédiction en prenant le Suhur et en le retardant, ne serait-ce que d’une gorgée d’eau s’il ne trouve rien d’autre à manger.
La bénédiction, c’est la descente du bien divin sur une chose, son accroissement, l’universalité de son bienfait, et la multiplication de la récompense et de la rétribution qu’elle contient. Comme le Suhur est éminent et élevé en rang ! Malgré cela, nombre de gens le négligent, soit par méconnaissance de son mérite et de son rang, soit en préférant l’éphémère au durable : ils privilégient le sommeil, et la cause en est généralement les veillées nocturnes. Le malheur s’aggrave si ces veillées sont dans l’interdit, nous demandons à Allah la préservation et le salut.
De plus, le temps de l’aube est l’un des meilleurs moments et des plus féconds en bénédiction. Allah a fait l’éloge de ceux qui y implorent le pardon, et c’est le temps où le Seigneur descend au ciel le plus proche pour pardonner à ceux qui demandent pardon, exaucer ceux qui invoquent, combler ceux qui demandent et rétribuer les adorateurs de la meilleure récompense en ce monde et au Jour de la Rétribution. Comment l’homme peut-il se priver de ce bien en ce mois auguste, mois de l’obéissance et de la demande de pardon, mois de l’affranchissement du Feu ! Allah et Ses anges prient sur ceux qui prennent le Suhur : la prière d’Allah est Son éloge de Son serviteur dans l’assemblée suprême, et la prière des anges est leur invocation pour le serviteur. Quel honneur et quelle faveur immenses recueillent ceux qui prennent le Suhur !
Veiller à hâter la rupture du jeûne et à retarder le Suhur, c’est aussi sauvegarder le bien parmi les gens, car c’en est l’une des causes, en plus de renforcer et revigorer le corps et d’éloigner la faiblesse et la paresse durant la période de jeûne. Certains textes énoncent explicitement une grande sagesse parmi les sagesses de hâter la rupture du jeûne et de retarder le Suhur, et rappellent une chose qu’il convient d’observer toujours afin que cette religion demeure apparente et que cette communauté préserve son excellence : se distinguer des Gens du Livre, juifs et chrétiens. Il ﷺ a dit : « Ce qui distingue notre jeûne du jeûne des Gens du Livre, c’est le repas de l’aube. »18 Et il ﷺ a dit : « Les gens ne cesseront d’être dans le bien tant qu’ils hâteront la rupture du jeûne, car les juifs la retardent. »19 Et il ﷺ a dit : « La religion ne cessera d’être apparente tant que les gens hâteront la rupture du jeûne, car les juifs et les chrétiens la retardent. »20 Si le Législateur a recommandé de se distinguer des juifs et des chrétiens en cette affaire, que certains pourraient juger anodine, qu’en est-il des affaires graves dans lesquelles tant de gens sont éprouvés par leur imitation, suivant leur voie et leur modèle : la ressemblance dans l’habillement et les coutumes, l’orgueil de les reproduire jusque dans leur parole, leur nourriture et leur boisson, la joie et le plaisir de contempler leurs turpitudes faites de paroles viles, de croyances corrompues et d’images licencieuses scandaleuses ! Il ne fait aucun doute que la ressemblance apparente engendre une conformité et une inclination du cœur dans l’intérieur.21 Allah dit : « Ô vous qui avez cru ! Ne prenez pas pour alliés les juifs et les chrétiens ; ils sont alliés les uns des autres. Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes. » [Sourate 5, v.51] Les plus atteints par cette imitation sont les jeunes et les femmes. Que les jeûneurs soient donc vigilants et qu’ils tirent leçon de ce mois grandiose ! Qu’ils soient sincères envers Allah et prennent la ferme résolution d’abandonner cette imitation des Gens du Livre, car elle nuit à l’individu, à la société et à la communauté tout entière, et affecte la religion dans son ensemble.
Cheikh Al Islam, qu’Allah lui fasse miséricorde, a déclaré au sujet de ce hadith : « Ceci est un texte explicite indiquant que l’apparition de la religion obtenue par le fait de hâter la rupture du jeûne est due à la distinction d’avec les juifs et les chrétiens. Et puisque leur distinction est une cause de l’apparition de la religion, et que la finalité de l’envoi des messagers est que la religion d’Allah soit apparente sur toute autre religion, leur distinction même fait partie des plus grands objectifs de la mission prophétique. »22
Ô Allah, Celui qui retourne les cœurs, affermis nos cœurs sur Ta religion, accorde-nous de suivre Ta législation, et préserve-nous des caractères blâmables, des passions et des maladies.
Écrit par : Cheikh ‘Abd Al Razzaq Al Badr
Traduit par : Azwaw Abu ‘Abd Al Razzaq
Al Bukhari (1954), Muslim (1100). La formulation est celle d’Al Bukhari. ↩︎
Rapporté par Abu Dawud (2356) et Al Tirmidhi (696). La formulation est celle d’Abu Dawud. ↩︎
Rapporté par Al Hakim dans Al Mustadrak (1577). ↩︎
Rapporté par l’Imam Ahmad dans le Musnad (21209, 21399). ↩︎
Rapporté par Al Bukhari (1957) et Muslim (1098). ↩︎
Rapporté par Abu Dawud (2357) et Al Hakim (1536).
[NDT] Ce du’a suit une progression en trois paliers : le départ de la soif (constat physique), l’humidification des veines (bienfait corporel) et la confirmation de la récompense (fruit spirituel). Mulla ‘Ali Al Qari, qu’Allah lui fasse miséricorde, a rejeté l’avis d’Ibn Hajar selon lequel « les veines se sont humectées » ne serait qu’un renforcement de « la soif est partie », en affirmant que l’humidification des veines est « une bénédiction indépendante ». Il a ensuite expliqué le troisième palier : « La fatigue s’en est allée et la récompense est obtenue. C’est un encouragement à l’adoration, car la fatigue est peu de chose puisqu’elle disparaît et s’évanouit, tandis que la récompense est abondante puisqu’elle demeure et perdure. » Al Tibi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a complété en soulignant que la mention de la récompense après celle de la difficulté procède d’un surcroît de saveur : « Celui qui a obtenu ce qu’il désirait après la peine et l’effort, et qui veut savourer davantage ce qu’il a atteint, rappelle cette difficulté passée. C’est pour cela que les bienheureux au Paradis ont loué Allah en disant : “Louange à Allah qui a dissipé notre affliction.” » [Sourate 35, v.34] Quant à la formule « si Allah le veut », Mulla ‘Ali Al Qari a précisé qu’elle se rattache à la récompense, à titre de bénédiction et parce que la rétribution de chaque individu demeure sous la volonté divine. La mention de la soif plutôt que de la faim s’explique, selon Al Munawi, qu’Allah lui fasse miséricorde, par le fait que « la terre du Hijaz est chaude : les gens supportaient le manque de nourriture mais pas la soif, et ils se vantaient de manger peu, non de boire peu ». Cela ne signifie pas que ce du’a soit réservé à celui qui a ressenti la soif en été : Cheikh Al ‘Abbad, qu’Allah le préserve, a précisé qu’« il apparaît qu’on le dit de façon absolue, car la soif existe toujours mais à des degrés divers », et que « cette invocation se dit avant ou après la rupture, la chose est large à cet égard ». [Mirqat Al Mafatih (4/1386), Al Kashif ‘an Haqaiq Al Sunan (5/1588), Fayd Al Qadir (5/107), Sharh Sunan Abi Dawud (27/272)] ↩︎
Rapporté par Al Nassaï (2167). ↩︎
Rapporté par Al Nassaï (2166) et l’Imam Ahmad (17126).
[NDT] Ibn Hajar, qu’Allah lui fasse miséricorde, a précisé que la bénédiction du Suhur s’obtient par de multiples voies, parmi lesquelles : le suivi de la Sunnah, la distinction d’avec les Gens du Livre, le renforcement pour l’adoration, le surcroît d’énergie, la résistance au mauvais caractère que suscite la faim, l’occasion de faire l’aumône à qui demande à ce moment-là ou partage le repas, l’occasion du dhikr et de l’invocation en un temps propice à l’exaucement, et le rattrapage de l’intention de jeûner pour celui qui l’a oubliée avant de s’endormir. Ibn Daqiq Al ‘Id, qu’Allah lui fasse miséricorde, a ajouté que cette bénédiction couvre aussi bien l’au-delà, car l’observance de la Sunnah entraîne la récompense et son accroissement, que ce bas monde, par la force corporelle qu’elle procure pour jeûner sans dommage. [Fath Al Bari (4/140)] ↩︎
Rapporté par l’Imam Ahmad (11334). ↩︎
Rapporté par l’Imam Ahmad dans le Musnad (23036). ↩︎
Rapporté par Ibn Hibban (3476). ↩︎
Rapporté par l’Imam Ahmad dans le Musnad (14991). ↩︎
Rapporté par Al Tabarani dans Al Mu’jam Al Kabir (21513). ↩︎
Al Kamil d’Ibn ‘Adi (6/323), Al Silsila Al Sahiha (1773), Sahih Al Jami’ (2835). ↩︎
Mentionné par Al Haythami dans Majma’ Al Zawa’id (2/105) et attribué à Al Tabarani dans Al Kabir. ↩︎
Rapporté par Al Tayalisi (2654), Al Tabarani dans Al Mu’jam Al Kabir (11323) et Ibn Hibban (1770). La formulation est celle d’Al Tayalisi. ↩︎
Al Tirmidhi (700).
[NDT] Deux dimensions se conjuguent pour expliquer cet amour divin. Du côté d’Allah d’abord : Ibn ‘Uthaymin, qu’Allah lui fasse miséricorde, a expliqué que « c’est en raison de l’empressement à prendre ce qu’Allah a rendu licite. Or Allah, Pureté à Lui, est Généreux, et le Généreux aime que les gens jouissent de Sa générosité. Il aime donc de Ses serviteurs qu’ils se hâtent vers ce qu’Il leur a rendu licite dès que le soleil se couche. » [Al Sharh Al Mumti’ (6/435)] Du côté du serviteur ensuite : Al Sindi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a souligné que celui qui se hâte manifeste « son respect des limites d’Allah en matière de jeûne et de rupture, en appliquant chaque disposition, l’interdiction de la nourriture et sa licéité, à sa place ». [Hashiyat Al Sindi ‘ala Al Tirmidhi (1/604)] Sur la sagesse concrète de cette limite, que l’auteur développe plus loin dans l’article, Cheikh Al Islam, qu’Allah lui fasse miséricorde, a précisé : « hâter la rupture afin que l’on n’ajoute pas de la nuit au jour », et a indiqué que « la limite jusqu’à laquelle les juifs et les chrétiens retardent la rupture est l’apparition des étoiles » [Majmu’ Al Fatawa (25/125)]. C’est précisément cette pratique que vise le Prophète ﷺ lorsqu’il a dit : « Ma communauté restera sur ma Sunnah tant qu’elle n’attendra pas les étoiles pour rompre le jeûne. » [Ibn Khuzayma (2061), d’après Sahl ibn Sa’d, qu’Allah l’agrée ; authentifié par Al Albani dans Sahih Al Targhib (1074)] ↩︎
Rapporté par Muslim (1096). ↩︎
Rapporté par Ibn Majah (1698). ↩︎
Rapporté par Abu Dawud (2353) et Al Hakim (1573). ↩︎
[NDT] Ce principe est l’un des fondements que Cheikh Al Islam ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, a longuement développés dans son ouvrage Iqtida’ Al Sirat Al Mustaqim. Il y explique que la ressemblance dans les choses apparentes engendre une ressemblance dans les choses intérieures « par voie d’imprégnation subtile et de glissement insensible » (على وجه المسارقة والتدريج الخفي), puis précise que « la ressemblance dans l’apparent engendre un type d’affection, d’amour et d’alliance dans l’intérieur, tout comme l’amour dans l’intérieur engendre la ressemblance dans l’apparent, et c’est une chose dont témoignent les sens et l’expérience ». La ressemblance extérieure n’opère donc pas par une conversion brutale mais par un processus graduel dont le sujet lui-même n’a pas conscience : on commence par adopter un style vestimentaire, une habitude alimentaire, un divertissement, en pensant que cela ne touche pas le cœur, jusqu’à ce que l’inclination intérieure soit déjà installée. Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a repris ce principe dans Ighathat Al Lahfan en une formule saisissante : « La ressemblance apparente est un moyen menant à la conformité intérieure : lorsque la conduite ressemble à la conduite, le cœur finit par ressembler au cœur. » La relation est donc réciproque et circulaire : l’extérieur façonne l’intérieur, et l’intérieur transparaît dans l’extérieur. Dans le même ouvrage, Ibn Al Qayyim consacre un chapitre à la purification du cœur en commentant la parole d’Allah : « Et tes vêtements, purifie-les » [Sourate 74, v.4]. Il y rassemble les paroles des Salafs — Ibn ‘Abbas, Mujahid, Qatadah, Al Sha’bi, Ibrahim, Al Dahhak, Al Zuhri et d’autres — montrant que la majorité des exégètes entendent par « les vêtements » le cœur et la personne, et par « la purification » la rectification des actes et des caractères, les Arabes désignant métaphoriquement l’homme par son vêtement. Puis il conclut en montrant que les deux sens, apparent et intérieur, sont indissociables : la pureté du vêtement extérieur parachève celle du cœur, car « l’impureté du vêtement fait acquérir au cœur une disposition vile, tout comme l’impureté de la nourriture. C’est pour cela que le port des peaux de fauves a été interdit par le Prophète ﷺ dans plusieurs hadiths authentiques, car la ressemblance apparente pénètre jusqu’à l’intérieur. Et c’est pour cela que le port de la soie et de l’or a été interdit aux hommes, car il fait acquérir au cœur la disposition de ceux qui les portent : les femmes, et les gens de vanité et d’orgueil. » [Iqtida’ Al Sirat Al Mustaqim (1/548-549), Ighathat Al Lahfan (1/92 et 624)] ↩︎
Iqtida’ Al Sirat Al Mustaqim (1/209). ↩︎
