Parmi les stations grandioses de la religion islamique, parmi ses demeures élevées et éminentes, figure la connaissance du Seigneur immense et du Créateur majestueux. Cette connaissance s’acquiert par la méditation de Ses Noms sublimes et de Ses Attributs élevés, ainsi que par tout ce dont Il S’est fait connaître à Ses serviteurs dans Son Livre et dans la Sunna de Son Messager ﷺ. Voilà un fondement parmi les fondements grandioses de la religion, un pilier parmi les piliers solides de la foi. C’est l’essence même de la croyance, son origine et sa base.
Quelle station grandiose, quelle demeure majestueuse, quel rang prestigieux que celui où la créature connaît son Créateur, son Seigneur, son Maître, Celui qui lui a donné l’existence et son Protecteur ! Elle découvre alors Sa grandeur, Sa majesté, Sa beauté et Sa superbe. Elle apprend à connaître Ses Noms sublimes et Ses Attributs élevés.
Nul doute que cette connaissance constitue la plus noble des sciences religieuses, le plus pur des objectifs élevés et la plus grande des nobles finalités. Sa valeur est intrinsèquement liée à l’excellence de son Sujet : Allah le Très-Haut. Le connaître, exalté soit-Il, savoir Ses Noms, Ses Attributs et Ses actes représente la plus illustre de toutes les sciences de la religion. Rechercher Sa Face est le plus noble des desseins. L’adorer est la plus honorable des œuvres. Le louer par Ses Noms et Attributs, Le glorifier et L’exalter constitue la plus noble des paroles. Tel est le fondement de la Hanifiyya, la voie d’Ibrahim, et telle est la religion commune de tous les prophètes. Sur elle, leur parole s’est accordée, leurs propos se sont rejoints, leurs conseils et clarifications se sont succédé. C’est même l’un des axes majeurs sur lesquels repose leur appel, du premier d’entre eux jusqu’à leur sceau, Mohammad, que le salut soit sur eux.
À ce sujet, l’érudit Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit :
La prédication des messagers s’articule autour de trois fondements. Le premier : faire connaître le Seigneur vers lequel on appelle par Ses Noms, Ses Attributs et Ses actes. Le deuxième : faire connaître la voie qui mène à Lui, à savoir Son évocation, Son remerciement et Son adoration, laquelle réunit l’amour parfait et l’humilité totale à Son égard. Le troisième : leur faire connaître ce qui leur revient après être parvenus à Lui dans la demeure de Son honneur. Là se trouvent des délices dont les plus éminents et les plus nobles sont Son agrément envers eux, Sa manifestation à eux, leur vision de Sa Face suprême, Son salut sur eux et le fait qu’Il leur parle. 1
Notre Prophète Mohammad ﷺ a reçu de cela la part la plus complète :
Il a fait connaître aux gens leur Seigneur et leur Adoré au maximum de ce que leurs facultés peuvent atteindre comme connaissance. Il a répété et réitéré, tantôt en abrégeant, tantôt en s’étendant sur Ses Noms, Ses Attributs et Ses actes, jusqu’à ce que Sa connaissance, exalté soit-Il, resplendisse dans les cœurs de Ses serviteurs croyants. Les nuées du doute et de l’incertitude s’en dissipèrent comme se retirent les nuages devant la pleine lune. Il n’a laissé à sa communauté aucun besoin dans cette connaissance, ni des prédécesseurs, ni des successeurs. Il leur a suffi, les a guéris et les a dispensés de quiconque pour aborder ce sujet : « Ne leur suffit-il pas que Nous ayons fait descendre sur toi le Livre qui leur est récité ? Il y a certes là une miséricorde et un rappel pour des gens qui croient. » [Sourate 29, v.51] 2
Le Livre d’Allah contient des versets abondants et des textes convergents appelant à connaître Allah, à connaître Ses Noms sublimes et Ses Attributs élevés. Ces versets exposent les effets louables de cette connaissance, les aboutissements avisés et les fins heureuses. Allah le Très-Haut dit (dans le sens rapproché) :
C’est à Allah qu’appartiennent les Noms sublimes. Invoquez-Le par ces Noms et laissez ceux qui profanent Ses Noms. Ils seront rétribués pour ce qu’ils faisaient. [Sourate 7, v.180]
Allah le Très-Haut dit également :
Dis : « Invoquez Allah ou invoquez le Tout Miséricordieux. Quel que soit le nom par lequel vous L’invoquez, Il a les Noms les plus beaux. » [Sourate 17, v.110]
Il dit encore :
Allah ! Point de divinité qui mérite l’adoration à part Lui. À Lui les Noms les plus beaux. [Sourate 20, v.8]
Et Il dit :
C’est Lui Allah. Nulle divinité ne mérite l’adoration en dehors de Lui, le Connaisseur de l’invisible et du visible. C’est Lui le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. C’est Lui Allah. Nulle divinité ne mérite l’adoration en dehors de Lui, le Souverain, le Pur, l’Apaisant, le Rassurant, le Prédominant, le Tout-Puissant, le Contraignant, l’Orgueilleux. Gloire à Allah au-dessus de ce qu’ils Lui associent ! C’est Lui Allah, le Créateur, le Producteur, le Façonneur. À Lui les Noms les plus beaux. Tout ce qui est dans les cieux et la terre Le glorifie. Et c’est Lui le Tout-Puissant, le Sage. [Sourate 59, v.22-24]
Bien plus, le Noble Coran contient des versets explicites et des textes clairs appelant à apprendre les Noms et Attributs, à les connaître et à connaître Allah par eux. Le Coran compte près de trente versets appelant à la science des Noms et Attributs d’Allah. Parmi eux, Sa parole :
Sachez qu’Allah est Puissant et Sage. [Sourate 2, v.209]
Sa parole :
Sachez qu’Allah est sévère en châtiment et qu’Allah est Pardonneur et Miséricordieux. [Sourate 5, v.98]
Sa parole :
Et sachez qu’Allah Se suffit à Lui-même et qu’Il est Digne de louange. [Sourate 2, v.267]
Sa parole :
Et sachez qu’Allah est Audient et Omniscient. [Sourate 2, v.244]
Sa parole :
Sache donc qu’il n’y a point de divinité à part Allah. [Sourate 47, v.19]
Et Sa parole :
Allah qui a créé sept cieux et autant de terres. Entre eux descend Son commandement, afin que vous sachiez qu’Allah est en vérité Omnipotent et qu’Allah a embrassé toute chose de Son savoir. [Sourate 65, v.12]
Les versets en ce sens sont nombreux.
Par cela, nous réalisons la noblesse de cette science et son mérite. Elle fait partie des fondements grandioses sur lesquels reposent les prédications des envoyés, et constitue la seule voie vers l’honneur du serviteur, son élévation et sa rectitude ici-bas et dans l’au-delà. En conséquence : « Quiconque possède en son cœur un brin de vie ou d’amour pour son Seigneur, une volonté tournée vers Sa Face et un désir de Sa rencontre, s’efforcera avec ardeur de chercher cette connaissance, augmentera son approfondissement et ses découvertes. Cette quête est son dessein suprême, sa priorité absolue et sa finalité la plus noble. Les cœurs sains et les âmes apaisées n’aspirent à rien autant qu’à connaître ce domaine, rien ne leur procure plus de joie que d’atteindre la vérité à son propos. »3
Cette connaissance est celle autour de laquelle gravite le bonheur, l’atteinte de la perfection, l’ascension dans les hauts degrés, l’obtention des délices de ce monde et de l’au-delà. C’est par elle que l’on parvient au succès dans les demandes les plus nobles, les souhaits les plus accomplis et les dons les plus honorables. Les gens, face à cela, se partagent entre celui qui s’en abreuve abondamment, celui qui s’en contente de peu et celui qui en est privé. La grâce est entre les mains d’Allah, Il l’accorde à qui Il veut, et Allah est Détenteur de l’immense grâce.
Lorsque le serviteur connaît son Seigneur, L’aime, accomplit sa servitude envers Lui, se conforme à Ses ordres et s’éloigne de Ses interdits, il réalise par cette connaissance et cette servitude la perfection espérée de l’être humain et son élévation recherchée, car telle est la finalité de la création et du commandement. Bien plus : « Jamais les âmes n’ont eu besoin de quelque chose autant qu’elles ont besoin de connaître leur Créateur et leur Façonneur, de L’aimer, de L’évoquer, de se réjouir de Lui, de chercher le moyen de se rapprocher de Lui et la proximité auprès de Lui. Il n’y a de voie vers cela qu’en connaissant Ses Attributs et Ses Noms. Plus le serviteur les connaît, plus il connaît Allah, plus il Le recherche et plus il est proche de Lui. Et plus il les ignore, plus il ignore Allah, plus il Le déteste et plus il s’éloigne de Lui. Allah place le serviteur selon la place qu’il Lui accorde dans son propre cœur. »4
La connaissance d’Allah renforce la crainte et la vigilance, amplifie l’amour et l’espoir dans le cœur, augmente la foi du serviteur et devient source d’adorations variées. Par elle, la marche du cœur vers son Seigneur et son effort pour obtenir Son agrément deviennent plus rapides que le souffle des vents dans leurs fureurs, sans se détourner à droite ou à gauche. La réussite est dans la main d’Allah, et il n’y a de changement d’état et de force qu’en Allah.
Elle est l’objectif ultime des créatures, la meilleure et la plus élevée des sciences, la plus noble et la plus éminente. C’est la finalité vers laquelle se sont appliqués ceux qui se sont dévoués, dans laquelle ont rivalisé les compétiteurs, et vers laquelle les aspirants se sont rués. Tous les regards se tournent vers elle, et les cœurs sains s’y orientent avec un ardent désir. C’est par elle que le serviteur goûte à la douceur de la vie : « Car la vie de l’homme dépend de la vie de son cœur et de son âme, et il n’y a de vie pour son cœur qu’en connaissant son Créateur, en L’aimant, en L’adorant Lui seul, en revenant vers Lui, en trouvant la sérénité dans Son évocation et l’intimité dans Sa proximité. Celui qui perd cette vie a perdu tout le bien, même s’il cherchait à la compenser par tout ce que ce monde peut offrir. La totalité de ce monde ne saurait compenser cette vie [du cœur]. Toute chose perdue peut avoir une compensation, mais si Allah lui échappe, rien ne pourra jamais le remplacer. »5
L’on s’étonne de l’état de la plupart des gens : « Comment le temps passe-t-il, la vie s’épuise-t-elle, alors que le cœur reste voilé, sans avoir senti cette odeur ? Il quitte ce monde comme il y est entré, sans avoir goûté ce qu’il y a de plus délicieux. Il y a vécu la vie des bêtes et l’a quittée tel un démuni. Sa vie fut impuissance, sa mort fut chagrin, et son retour fut regret et affliction. »6
Il sort de la vie sans avoir goûté ce qu’elle a de plus savoureux, et quitte ce monde privé de ses meilleurs plaisirs. Comme l’a dit l’un des pieux prédécesseurs : « Pauvres gens de ce monde ! Ils en sont sortis sans avoir goûté ce qu’il y a de plus délicieux. » On lui demanda : « Qu’y a-t-il de plus délicieux ? » Il répondit : « La connaissance d’Allah, Son amour, l’intimité de Sa proximité et le désir de Le rencontrer. »7
Car le plaisir parfait, la joie, l’allégresse, la douceur de vivre et le délice ne se trouvent que dans la connaissance d’Allah et Son Tawhid, Sa proximité et le désir de Sa rencontre. La vie la plus amère est celle d’un cœur dispersé et d’un esprit déchiré qui n’a ni intention droite à poursuivre ni chemin clair à emprunter. Les routes se sont ramifiées devant lui, les voies se sont multipliées. Sur chaque chemin il y a un trébuchement, sur chaque voie un faux pas. Perplexe, il erre sur terre sans trouver de chemin. Quand bien même il parcourrait tous ces sentiers, son cœur ne trouverait pas de repos, ne s’apaiserait pas, ne serait pas serein et son œil ne se réjouirait pas, jusqu’à ce qu’il trouve la quiétude auprès de sa Divinité, son Seigneur, son Maître et son Protecteur, Celui en dehors de qui il n’a ni allié ni intercesseur, et dont il ne peut se passer le temps d’un clin d’œil.
Ecrit par: Cheikh ‘Abd Al Razzaq Al Badr
Traduit par : Azwaw Abou ‘Abd Al Razzaq
