Certes, la contemplation des signes d’Allah dans la création et l’observation de Ses créatures, aussi diverses que prodigieuses, qu’il s’agisse du ciel et de la terre, du soleil et de la lune, des astres et des étoiles, de la nuit et du jour, des montagnes et des arbres, des mers et des fleuves, et de tant d’autres créatures d’Allah que nul ne saurait dénombrer, comptent parmi les plus puissants moteurs de la foi et les moyens les plus féconds pour la consolider.
Contemple donc la création du ciel et portes-y ton regard à maintes reprises. Tu constateras qu’il constitue l’un des plus grands signes par sa hauteur et son élévation, son immensité et sa stabilité. Il ne s’élève pas indéfiniment tel le feu, ni ne s’effondre tel un corps pesant. Point de piliers pour le soutenir par-dessous, point d’attaches pour le suspendre par-dessus, il est maintenu par la seule puissance d’Allah. Observe ensuite sa régularité et sa parfaite harmonie : tu n’y décèleras ni faille, ni fissure, ni déchirure, ni la moindre dénivellation ou irrégularité.
Contemple ensuite la teinte dont il a été paré, cette couleur qui est la plus belle des nuances, la plus douce pour la vue et la plus propice à la fortifier.
Contemple la création de la terre et la manière dont elle fut conçue avec perfection. Tu y verras l’un des signes les plus manifestes de son Créateur et de son Façonneur. Il l’a disposée, pureté à Lui, tel un tapis et un berceau, l’a soumise à Ses serviteurs et y a déposé leurs subsistances, leurs nourritures et leurs moyens d’existence. Il y a tracé des voies pour qu’ils puissent y circuler au gré de leurs nécessités et de leurs affaires. Il l’a ancrée par des montagnes, en faisant des pieux qui la maintiennent afin qu’elle ne vacille point sous leurs pieds. Il a étendu ses contrées, l’a déployée et nivelée, l’élargissant de toutes parts. Il en a fait un réceptacle pour les vivants, les abritant sur son dos tant qu’ils respirent, et un asile pour les défunts, les recueillant en son sein lorsqu’ils trépassent. Ainsi, sa surface est la patrie des vivants, et ses entrailles celle des morts.
Puis regarde-la lorsqu’elle est sans vie, aride et désolée. Dès qu’Allah y fait descendre l’eau, elle tressaille, se gonfle et reverdit, donnant naissance à toutes sortes de couples de plantes splendides. Elle exhale alors des merveilles végétales, admirables par leur aspect et précieuses par leurs vertus, offrant un spectacle réjouissant pour l’œil et une nourriture généreuse pour celui qui s’en sustente.
Contemple ensuite comment Il a consolidé les flancs de la terre par des montagnes ancrées, altières, massives et robustes. Vois de quelle manière Il les a dressées avec perfection, comment Il les a élevées et en a fait les parties les plus solides du globe, afin qu’elles ne s’effritent point au fil des siècles ni sous l’assaut répété des pluies et des vents. Bien au contraire, Il a parachevé leur création, raffermi leur assise et y a déposé des bienfaits, des minéraux et des sources à profusion.
Contemple ensuite cet air subtil, contenu entre le ciel et la terre. On en perçoit la substance par le toucher lorsqu’il souffle, bien que sa forme demeure invisible au regard. Il circule entre le firmament et le sol, tandis que les oiseaux y planent, fendant l’espace de leurs ailes tout comme les créatures marines nagent dans l’eau. Ses flancs s’agitent et ses courants ondulent lors de ses tempêtes, à l’image des vagues tumultueuses des mers.
Contemple ensuite comment Il suscite, par ce vent, les nuages assujettis entre le ciel et la terre, les soulevant en masses éparses puis les unissant et les joignant les uns aux autres. Les vents les fécondent alors, eux qu’Il a nommés les « fécondateurs », avant de les porter sur leur dos vers les contrées assoiffées. Une fois parvenus au-dessus de la terre et s’y étant fixés, ils y déversent leur eau. Allah envoie alors le vent sur cette pluie, tandis qu’elle est encore dans les airs, pour l’éparpiller et la fragmenter afin qu’elle ne cause point de dommage ni ne détruise ce qu’elle frappe par sa chute massive. Lorsque la terre s’est abreuvée et a pris ce dont elle avait besoin, le nuage s’en retire et s’en sépare. Ce sont là les porteurs d’eau de la terre, acheminés sur le dos des vents.
Contemple ensuite ces mers qui ceignent les contrées du monde, et qui ne sont que des golfes de l’Océan immense encerclant la terre entière. La partie émergée de la terre, avec ses montagnes et ses cités, n’est par rapport à l’élément liquide que telle une petite île au sein d’une mer vaste, le reste du globe étant submergé par les eaux. N’était la retenue du Seigneur, exalté et élevé soit-Il, par Sa puissance et Sa volonté, et le frein qu’Il impose à l’eau, celle-ci déborderait sur la terre et l’engloutirait tout entière.
Contemple la nuit et le jour, qui comptent parmi les signes les plus admirables d’Allah. Vois comment Il a fait de la nuit un repos et un vêtement qui enveloppe le monde : les mouvements s’y apaisent, les animaux regagnent leurs demeures et les oiseaux leurs nids, et les âmes s’y délassent et se reposent de la fatigue du labeur et de la peine. Lorsque les âmes ont pris leur part de repos et de sommeil, et qu’elles aspirent de nouveau à leurs subsistances et à leurs occupations, Celui qui fend l’aube, pureté à Lui, amène le jour dont l’aurore annonce l’avant-garde. Il met alors en déroute les ténèbres, les déchire de toute part et les retire du monde, et voilà que les êtres voient clair. Les animaux se déploient, s’affairant à leur subsistance et à leurs intérêts, tandis que les oiseaux sortent de leurs nids. Quel renouveau et quelle résurrection, témoignant de la puissance d’Allah, pureté à Lui, sur la Résurrection suprême !
Contemple l’état du soleil et de la lune dans leur lever et leur coucher, établissant l’alternance des deux empires de la nuit et du jour. Sans leur apparition, l’ordre du monde s’effondrerait. Comment les hommes pourraient-ils s’efforcer pour leur subsistance et vaquer à leurs affaires si le monde demeurait plongé dans l’obscurité ? Et comment pourraient-ils goûter les délices de la vie en l’absence de la lumière ?
Pureté à Celui qui a placé dans le ciel des constellations et y a placé un luminaire et une lune éclairante. Et c’est Lui qui a fait de la nuit et du jour une succession pour quiconque veut se rappeler ou veut être reconnaissant. [Sourate 25, v.61-62]
Contemple la création des animaux dans la diversité de leurs attributs, de leurs espèces, de leurs formes, de leurs utilités, de leurs couleurs et des merveilles déposées en eux. Il en est qui rampent sur leur ventre, d’autres qui marchent sur deux pattes, et d’autres encore sur quatre. Il en est dont l’arme a été logée dans les pattes, tels les prédateurs aux griffes acérées. D’autres ont pour arme le bec, à l’instar de l’aigle, du vautour et du corbeau. Il en est dont l’arme réside dans les dents, et d’autres encore possèdent des cornes pour se défendre.
Contemple et tire un enseignement de l’agencement de cet univers, de l’ordonnancement de ses parties selon un ordre parfait, qui constitue la preuve la plus éclatante de la perfection de la puissance de son Créateur, de l’étendue de Sa science, de Sa sagesse et de Sa bienveillance. Si tu observes le monde, tu le trouveras semblable à une demeure bâtie et pourvue de tous ses équipements, de ses commodités et de tout ce qui y est nécessaire. Le ciel en est le toit élevé, la terre en est le berceau, le tapis et le foyer de son habitant. Le soleil et la lune y sont deux flambeaux rayonnants, tandis que les étoiles font office de lampes, de parures et de guides pour le voyageur parcourant les sentiers de cette demeure.
Les joyaux et les minéraux y sont enfouis tels des trésors et des provisions apprêtés, chacun étant destiné à l’usage qui lui sied. Les diverses espèces végétales sont préparées pour satisfaire ses besoins, et les variétés animales sont employées à son service : certaines servent de montures, d’autres fournissent le lait, d’autres encore la nourriture, les vêtements, les ustensiles ou assurent la garde. L’homme y a été établi tel un roi investi de pouvoirs, agissant et ordonnant en son sein. Il y a là la plus immense des preuves et le plus décisif des arguments en faveur du Créateur, l’Omniscient, le Sage, le Parfaitement Informé, qui a déterminé Sa création avec la plus juste mesure et l’a ordonnée selon le plus admirable agencement.
Mieux encore, contemple et tire un enseignement particulier de la manière dont Allah t’a créé, ô être humain. Considère le commencement de ta création, son milieu et son terme. Regarde avec l’œil de la clairvoyance l’origine de ta genèse à partir d’une goutte d’eau vile et méprisée. Vois comment le Seigneur des seigneurs l’a extraite d’entre les lombes et les côtes, soumise à Sa puissance malgré l’étroitesse de ses conduits et la diversité de ses méandres, jusqu’à la conduire vers son réceptacle et son lieu de réunion. Vois comment Il a réuni le mâle et la femelle et a jeté l’affection entre eux, et comment Il les a menés, par les liens du désir et de l’amour, vers l’union qui est la cause de la conception et de la formation de l’enfant.
Vois comment Il a décrété la rencontre de ces deux fluides malgré leur éloignement initial, les faisant fluer depuis la profondeur des veines et des membres pour les assembler en un lieu unique qu’Il a désigné comme une demeure sûre, où nul air ne peut les corrompre, nul froid les geler, ni nul accident les atteindre. Puis Il a transformé cette goutte blanche en une adhérence rouge tirant sur le noir, avant d’en faire un embryon de chair, distinct de l’adhérence par sa couleur, sa nature et sa forme. Ensuite, Il en a fait des os nus, sans aucun revêtement, différant de l’embryon par leur forme, leur aspect, leur dimension, leur texture et leur couleur. C’est ainsi que se succèdent les phases de la création humaine jusqu’à ce que l’être émerge sous cette image qu’Allah lui a façonnée. Il a alors fendu pour lui l’ouïe et la vue, la bouche et le nez, ainsi que tous les autres orifices. Il a étendu les mains et les jambes, les a déployées et a divisé leurs extrémités en doigts, puis a scindé les doigts en phalanges. Il a agencé les organes internes : le cœur, l’estomac, le foie, la rate, les poumons, l’utérus, la vessie et les intestins, chacun ayant une mesure et une fonction qui lui sont propres.1
Gloire à Celui qui a créé et harmonisé, et qui a déterminé et guidé, Lui qui a dit :
Et en vous-mêmes, ne voyez-vous donc pas ? [Sourate 51, v.21]
‘Uthman Al Qurashi a dit : « Toutes les créatures, de la minuscule fourmi au Trône, sont des sentiers menant à Sa connaissance, le Très-Haut, et des preuves éclatantes de Son éternité. L’univers entier est une multitude de langues proclamant Son unicité, et le monde est un livre dont les clairvoyants lisent les caractères selon la mesure de leur propre discernement ».2
L’examen attentif de ces signes, ainsi que de tout ce qu’Allah a créé dans les cieux et sur la terre, leur méditation et l’exercice de la réflexion à leur sujet, comptent parmi les actes les plus bénéfiques pour l’homme afin de fortifier sa foi et de l’affermir. Il découvre à travers eux l’unicité de son Créateur et de son Souverain, ainsi que Sa perfection, pureté à Lui le Très-Haut. Son amour, sa vénération et son respect pour Lui s’en trouvent accrus, de même que son obéissance, sa soumission et son humilité. C’est là l’un des plus nobles fruits de cette contemplation.
Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Lorsque tu médites sur ce à quoi Allah a invité Ses serviteurs à réfléchir dans Son Livre, cela te conduit à Sa connaissance, pureté à Lui le Très-Haut, à la reconnaissance de Son unicité, et à la perception de Ses attributs de perfection et de Ses qualités de majesté, qu’il s’agisse de l’étendue de Sa puissance et de Sa science, de la perfection de Sa sagesse et de Sa miséricorde, de Sa bienfaisance, de Sa bonté, de Sa délicatesse, de Sa justice, de Sa satisfaction, de Sa colère, de Sa récompense et de Son châtiment. C’est ainsi qu’Il S’est fait connaître à Ses serviteurs et les a incités à méditer sur Ses signes ».3
Ibn Si’di, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Parmi les causes de la foi et ses mobiles figure la réflexion sur l’univers, sur la création des cieux et de la terre et des diverses créatures qu’ils renferment, ainsi que l’observation de l’âme humaine et de ses caractéristiques. Cela est un puissant moteur pour la foi, car la grandeur de la création témoigne de la puissance et de la majesté de son Créateur, et sa splendeur, son harmonie et sa précision confondent les esprits, attestant de l’immensité de la science d’Allah et du caractère universel de Sa sagesse. Les multiples bienfaits et les innombrables délices qu’elle recèle prouvent l’étendue de Sa miséricorde et de Sa générosité. Tout cela incite à vénérer leur Concepteur et leur Créateur, à Lui témoigner de la gratitude, à s’attacher à Son évocation et à Lui vouer un culte exclusif. C’est là l’essence même de la foi et son secret »4.
C’est pourquoi Allah le Généreux, pureté à Lui, a invité Ses serviteurs, en de nombreux passages de Son Livre, à contempler ces signes et ces preuves, et à s’adonner à l’observation et à la réflexion, en raison de la multitude des bienfaits et de la grandeur des profits qu’ils en retirent.
Allah ﷿ a dit :
Certes, dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de ce qui profite aux gens, dans l’eau qu’Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre après sa mort et y dissémine des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, il y a certes des signes pour des gens qui raisonnent. [Sourate 2, v.164]
Et le Très-Haut a dit :
Et parmi Ses signes, Il vous a créés de terre, puis vous voilà des hommes qui se dispersent. [Sourate 30, v.20]
ainsi que les versets suivants. Et Il a dit ﷿ :
Et parmi Ses signes, la création des cieux et de la terre et des êtres vivants qu’Il y a disséminés. Et Il a le pouvoir de les rassembler quand Il voudra. [Sourate 42, v.29]
Et le Très-Haut a dit :
Ne considèrent-ils donc pas les chameaux, comment ils ont été créés ? Et le ciel, comment il a été élevé ? Et les montagnes, comment elles ont été dressées ? Et la terre, comment elle a été aplanie ? [Sourate 88, v.17-20]
D’autres versets encore, fort nombreux dans le Coran, invitent les serviteurs à observer Ses signes et Ses œuvres, qui constituent la plus grande preuve de Son unicité, de Sa singularité, de Sa puissance, de Sa volonté et de Sa science, pureté à Lui le Très-Haut, ainsi que de Sa bonté, de Sa délicatesse et de Sa générosité. Cela constitue le plus puissant motif incitant les serviteurs à aimer Allah, à Le remercier, à Le vénérer, à Lui obéir et à s’attacher à Son évocation. Il apparaît ainsi clairement que l’observation de l’univers et sa méditation comptent parmi les plus grandes causes de la foi et ses moteurs les plus profitables.
Écrit par: Cheikh ‘Abd Al Razzaq Al Badr
Traduit par : Azwaw Abou ‘Abd Al Razzaq
