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Le mérite du noble Coran et sa place

La grandeur du Livre d'Allah et l'attention que lui vouaient les Pieux Prédécesseurs durant Ramadan

Le mois béni de Ramadan est le mois du Coran, celui durant lequel il fut révélé. Allah ﷾ a dit (dans le sens rapproché) : « Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. » [Sourate 2, v.185] C’est le mois de l’évocation, et la meilleure chose par laquelle le serviteur puisse évoquer Allah en ce noble mois est Sa parole ﷾, la meilleure des paroles, la plus belle, la plus véridique et la plus salutaire. C’est la révélation d’Allah et Sa descente, que le faux n’atteint ni par devant ni par derrière. C’est le meilleur Livre qu’Allah ﷾ a révélé au meilleur des messagers : Son serviteur, Son élu et le meilleur de Sa création, Mohammed fils de ‘Abd Allah ﷺ. Comme il est beau pour nous de ressentir le mérite du Coran et sa grandeur, sa place éminente, alors même que nous vivons le mois où il fut révélé.

Allah ﷾ dit au sujet de la noblesse et du mérite du noble Coran : « Et ils ne t’apportent aucune parabole sans que Nous ne t’apportions la vérité et le meilleur éclaircissement. » [Sourate 25, v.33] Ibn Kathir, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « En cela réside une haute considération pour la noblesse du Messager ﷺ, car la révélation lui parvenait d’Allah par le Coran matin et soir, de nuit comme de jour, en voyage comme en résidence. Chaque fois que l’Ange lui apportait le Coran, c’était comme la descente d’un Livre parmi les Livres précédents. Cette station est donc plus élevée, plus majestueuse et d’un rang plus éminent que celle de tous ses frères parmi les prophètes, paix sur eux tous. Le Coran est donc le plus noble des Livres qu’Allah a révélés, et Mohammed ﷺ est le plus grand prophète qu’Allah a envoyé. »1

Le mérite du noble Coran, sa noblesse, son rang élevé et sa haute place ne sauraient échapper à aucun musulman. C’est le Livre d’Allah, Seigneur des mondes, la parole du Créateur de toutes les créatures. Il contient les nouvelles de ceux qui nous ont précédés, l’annonce de ce qui viendra après nous, et le jugement de ce qui est entre nous. Il est le verdict décisif, point une plaisanterie. Quiconque parmi les tyrans le délaisse, Allah le brise. Quiconque cherche la guidée ailleurs, Allah l’égare. Il est la corde solide d’Allah, le rappel sage et le chemin droit. Par lui, les passions ne dévient pas, les langues ne s’embrouillent pas, les savants ne s’en rassasient pas, il ne s’use pas malgré les répétitions nombreuses, et ses merveilles ne tarissent point.2 Celui qui parle par lui dit vrai, celui qui agit selon lui est récompensé, celui qui juge par lui est juste, et celui qui y appelle est guidé vers un chemin droit. Le rang et le mérite du Coran sont à la mesure du rang et du mérite de Celui qu’il décrit. Le Coran est la parole d’Allah et Son attribut. De même qu’Il ﷾ n’a ni homonyme ni semblable dans Ses noms et attributs, Sa parole n’a ni homonyme ni semblable. Car Il ﷾ possède la perfection absolue dans Son essence, Ses noms et Ses attributs. Rien de Sa création ne Lui ressemble, et Lui ﷾ ne ressemble à rien de Sa création. Il est infiniment au-dessus de tout semblable et de tout égal : « Il n’y a rien qui Lui ressemble, et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant. » [Sourate 42, v.11]

La différence entre la parole d’Allah et celle des créatures est comme la différence entre le Créateur et les créatures. Abu ‘Abd Al Rahman Al Sulami, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Le mérite du Coran sur les autres paroles est comme le mérite du Seigneur sur Sa création, car il procède de Lui. »3 Cette formulation a été rapportée élevée jusqu’au Prophète ﷺ, mais son élévation [attribution] n’est pas établie, comme l’a clarifié l’Imam Al Bukhari, qu’Allah lui fasse miséricorde, dans son ouvrage Khalq Af’al Al ‘Ibad, ainsi que d’autres imams de science.4 Son sens, en revanche, est véridique sans aucun doute, et nul ne saurait contester sa beauté, sa force, sa rectitude et la splendeur de sa signification. Les savants ont cité plusieurs textes pour attester la validité de ce sens. Bien plus, l’Imam Al Bukhari, qu’Allah lui fasse miséricorde, en a fait l’intitulé d’un des chapitres du livre des mérites du Coran dans son Sahih, intitulant le dix-septième chapitre : « Chapitre sur le mérite du Coran sur les autres paroles ».5

Notre devoir à nous, communauté des croyants, est de vénérer le noble Coran, parole de notre Seigneur, source de notre honneur et voie de notre félicité. Il nous appartient de lui préserver sa place et son rang, de l’estimer à sa juste valeur, de bien le comprendre et d’agir selon lui. Ibn Mas’ud, qu’Allah l’agrée, dit : « Quiconque veut savoir s’il aime Allah ﷻ qu’il se présente au Coran ; s’il aime le Coran, alors il aime Allah ﷻ car le Coran est la parole d’Allah. »6 Et il dit, qu’Allah l’agrée : « Le Coran est la parole d’Allah ﷻ et quiconque en rejette quelque chose ne fait que rejeter ce qui vient d’Allah. »7

Les Pieux Prédécesseurs, qu’Allah leur fasse miséricorde, vouaient au Coran une attention extrême et un intérêt considérable durant le mois du Coran, le mois béni de Ramadan. Ils avaient pour modèle le Messager d’Allah ﷺ, que Jibril venait rencontrer chaque nuit de Ramadan pour étudier le Coran avec lui. Al Bukhari et Muslim rapportent d’après Ibn ‘Abbas, qu’Allah les agrée tous deux, qui dit : « Le Prophète ﷺ était le plus généreux des hommes, et il l’était davantage encore durant Ramadan lorsqu’il rencontrait Jibril. Jibril le rencontrait chaque nuit de Ramadan pour étudier le Coran avec lui. Le Messager d’Allah ﷺ était alors plus prodigue en bienfaits que le vent impétueux. »8

Il ﷺ prolongeait la récitation dans la prière nocturne de Ramadan plus qu’en tout autre temps. Cela est prescrit pour quiconque souhaite augmenter sa récitation et la prolonger en priant seul : qu’il prolonge autant qu’il le souhaite. De même pour celui qui dirige un groupe qui accepte sa prière. En dehors de ces cas, l’allègement est prescrit. L’Imam Ahmad dit à certains de ses compagnons qui priaient avec lui en Ramadan : « Ces gens sont faibles, récite cinq, six ou sept. » Il dit : « Je récitai et achevai le Coran la nuit du vingt-sept. »9 Il les orienta ainsi, qu’Allah lui fasse miséricorde, à prendre en considération l’état des fidèles et à ne pas leur imposer de difficulté.

Les Pieux Prédécesseurs, qu’Allah leur fasse miséricorde, récitaient le Coran en Ramadan dans la prière et en dehors. Al Aswad, qu’Allah lui fasse miséricorde, le complétait toutes les deux nuits en Ramadan. Al Nakha’i, qu’Allah lui fasse miséricorde, faisait de même durant les dix dernières nuits en particulier, et le reste du mois tous les trois jours. Qatada, qu’Allah lui fasse miséricorde, le complétait tous les sept jours en temps ordinaire, en Ramadan tous les trois jours, et durant les dix dernières nuits chaque nuit. Al Zuhri, qu’Allah lui fasse miséricorde, disait à l’entrée de Ramadan : « C’est seulement récitation du Coran et distribution de nourriture. » Malik, qu’Allah lui fasse miséricorde, délaissait à l’entrée de Ramadan la lecture du hadith et les assises de science pour se consacrer à la récitation du Coran du mushaf. Qatada, qu’Allah lui fasse miséricorde, étudiait le Coran tout au long du mois de Ramadan. Sufyan Al Thawri, qu’Allah lui fasse miséricorde, à l’entrée de Ramadan, délaissait toutes les autres adorations et se consacrait à la récitation du Coran. Les récits à leur sujet en ce sens sont abondants.10

Qu’Allah nous accorde, ainsi qu’à vous, de bien les suivre et de marcher sur leurs traces. Nous Lui demandons ﷾, par Ses plus beaux noms et Ses attributs les plus élevés, d’emplir nos cœurs d’amour pour le Coran, de vénération et de respect envers lui, et de mise en pratique. Qu’Il fasse de nous les gens du Coran, qui sont les gens d’Allah et Ses privilégiés.

Écrit par : Cheikh ‘Abd Al Razzaq Al Badr
Traduit par : Azwaw Abu ‘Abd Al Razzaq


  1. Tafsir Ibn Kathir (exégèse de la sourate Al Furqan).

    [NDT] Le Coran connut deux descentes : il fut d’abord révélé en totalité, durant la nuit du Destin, au ciel le plus proche (Sama Al Dunya), comme l’indiquent Ses paroles : « Nous l’avons certes fait descendre durant la nuit d’Al Qadr » [Sourate 97, v.1] et : « Nous l’avons fait descendre en une nuit bénie » [Sourate 44, v.3]. Puis il descendit par fragments sur le Prophète ﷺ au gré des événements et des circonstances, sur une période de vingt-trois ans, comme le dit Allah : « Et c’est un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises aux gens avec lenteur. Et Nous l’avons fait descendre graduellement » [Sourate 17, v.106]. C’est là que se manifeste la perfection de la Science d’Allah : Il fit descendre le Coran d’un seul tenant alors même que ce Livre renfermait déjà les réponses à des questions que les gens n’avaient pas encore formulées, le jugement de situations qui ne s’étaient pas encore présentées, et le récit d’événements qui n’avaient pas encore eu lieu. Tout y figurait avant même que les causes n’adviennent, car « Allah a embrassé toute chose de Son savoir » [Sourate 65, v.12]. Quant à la sagesse de la révélation fragmentée, Allah l’a Lui-même exposée en réponse à ceux qui s’en étonnaient : « Et ceux qui ne croient pas disent : “Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois ?” Ainsi procédons-Nous pour raffermir ton cœur, et Nous l’avons récité soigneusement » [Sourate 25, v.32]. S’y manifeste également le rang éminent de ce Livre, qu’Allah exposa aux habitants du ciel en le faisant descendre en une fois, à l’instar des Livres révélés avant lui. Le Messager Mohammed ﷺ reçut ainsi la révélation comme les messagers qui l’avaient précédé, conformément à Sa parole : « Dis : Je ne suis pas une innovation parmi les messagers » [Sourate 46, v.9], avec cette distinction singulière : la sienne lui parvint fragment après fragment, réponse après réponse, guidée par la Sagesse divine. Tout cela atteste de la grandeur de Celui qui révéla, de l’éminence de ce qui fut révélé, de la noblesse de celui à qui il fut révélé, et du mérite de la communauté à laquelle il fut destiné. L’Imam Al Si’di, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans son exégèse des versets : « L’Esprit fidèle est descendu avec » [Sourate 26, v.193-195] : « C’est-à-dire Jibril, paix sur lui, le meilleur des anges et le plus puissant. “Le fidèle” : celui qui est préservé de toute addition ou soustraction. “Sur ton cœur”, ô Mohammed, “afin que tu sois parmi les avertisseurs” : tu guides par lui vers le chemin de la rectitude et tu avertis contre la voie de l’égarement. “En une langue arabe claire” : la meilleure des langues. Considère comment se sont réunies ces vertus éminentes dans ce noble Livre : c’est le meilleur des Livres, descendu par le meilleur des anges, sur la meilleure des créatures, sur le plus noble de ses organes qui est son cœur, à la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, dans la meilleure et la plus éloquente des langues : la langue arabe claire. » ↩︎

  2. [NDT] Parmi les plus grandes merveilles du Coran : toute parole humaine est soit trop élevée pour être accessible à tous, soit trop simple pour captiver les gens de science. Le Coran, lui, réunit les deux. Les savants y plongent génération après génération sans jamais en épuiser les sagesses, « mais seuls les doués d’intelligence s’en rappellent » [Sourate 3, v.7], et pourtant sa méditation demeure accessible à tous, car « Nous avons certes rendu le Coran facile pour la méditation. Y a-t-il quelqu’un pour réfléchir ? » [Sourate 54, v.17]. Nul écrit humain ne saurait allier une telle profondeur à une telle limpidité, et c’est là une preuve de son origine divine. C’est pourquoi Allah a lancé le défi : « Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre serviteur, produisez donc une sourate semblable » [Sourate 2, v.23], puis a scellé leur impuissance : « Si vous n’y parvenez pas, et vous n’y parviendrez jamais, alors redoutez le Feu » [Sourate 2, v.24]. Et quand bien même les hommes et les djinns s’uniraient : « Ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres » [Sourate 17, v.88]. ↩︎

  3. Rapporté par Al Bayhaqi dans Shu’ab Al Iman (2137).

    [NDT] La parole d’Allah est un attribut d’Allah, non créé, qui n’équivaut à aucune autre parole, celle-ci étant nécessairement créée, qu’il s’agisse de la parole des prophètes ou de quiconque. La différence entre un attribut d’Allah et celui des créatures est comparable à la différence entre le Créateur et les créatures. Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Les attributs ont le même statut que l’Essence : de même que Son Essence, Pureté à Lui, ne ressemble pas aux essences, Ses attributs ne ressemblent pas aux attributs » [Al Sawa’iq Al Mursala (1/65)]. ↩︎

  4. Voir Al Silsila Al Da’ifa d’Al Albani (1334).

    [NDT] Il s’agit du hadith d’Abu Sa’id Al Khudri, qu’Allah l’agrée, dans lequel le Prophète ﷺ dit : « Le Seigneur ﷿ dit : “Quiconque est occupé par le Coran et Mon évocation au point de délaisser Ma demande, Je lui accorde ce qui est meilleur que ce que J’accorde à ceux qui demandent. Et le mérite de la parole d’Allah sur les autres paroles est comme le mérite d’Allah sur Sa création.” » Rapporté par Al Tirmidhi (2926) selon ses termes, Al Darimi (3356) et Al Bayhaqi dans Shu’ab Al Iman (2015) avec une légère variante. ↩︎

  5. [NDT] Al Bukhari a cité dans ce chapitre le hadith d’Abu Musa Al Ash’ari, qu’Allah l’agrée, dans lequel le Prophète ﷺ dit : « La comparaison du croyant qui lit le Coran est celle du cédrat : son odeur est agréable et son goût est agréable. La comparaison du croyant qui ne lit pas le Coran est celle de la datte : elle n’a pas d’odeur et son goût est sucré. La comparaison de l’hypocrite qui lit le Coran est celle du basilic : son odeur est agréable et son goût est amer. Et la comparaison de l’hypocrite qui ne lit pas le Coran est celle de la coloquinte : elle n’a pas d’odeur et son goût est amer. » Al Bukhari (5020) et Muslim (797). Le Prophète ﷺ a ainsi classé les gens selon leur foi et leur parole, et les meilleurs d’entre eux sont ceux qui ont réuni la foi et la meilleure des paroles, la parole d’Allah. Dans une version d’Al Bukhari par la voie de Shu’ba, d’après Qatada : « le croyant qui lit le Coran et agit selon lui », ce qui indique que le mérite réside dans la lecture accompagnée de la mise en pratique. Le goût est propre au cédrat comme la foi caractérise le croyant en son for intérieur, tandis que la récitation est cette belle odeur apparente qui lui profite et dont bénéficient ceux qui l’écoutent attentivement. ↩︎

  6. Al Sunnah de ‘Abd Allah ibn Ahmad (1/148, n° 125). ↩︎

  7. Al Sunnah de ‘Abd Allah ibn Ahmad (1/144, n° 119). ↩︎

  8. Al Bukhari (6) et Muslim (2308), la formulation est celle d’Al Bukhari. ↩︎

  9. Mentionné par Ibn Rajab dans Lata’if Al Ma’arif (p. 180). ↩︎

  10. Voir Lata’if Al Ma’arif d’Ibn Rajab (p. 181).

    [NDT] Il est toutefois rapporté du Prophète ﷺ l’interdiction de clôturer le Coran en moins de trois jours. ‘Abd Allah ibn ‘Amr, qu’Allah les agrée tous deux, rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Ne comprend pas [le Coran] celui qui le récite en moins de trois jours. » Rapporté par Abu Dawud (1394) selon ses termes, Al Tirmidhi (2949) et Ibn Majah (1347) avec une légère différence. Jugé authentique par Al Albani dans Sahih Al Jami’ (7743).

    Certains savants ont exclu les temps méritoires de cette interdiction, d’autres ont expliqué qu’elle concerne celui dont ce rythme de clôture est une habitude, ou encore celui qui ne comprend pas ce qu’il récite du fait de sa rapidité. L’Imam Ibn Rajab, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit après avoir mentionné ces récits : « L’interdiction de réciter le Coran en moins de trois jours ne porte que sur la pratique habituelle. Quant aux temps méritoires, comme le mois de Ramadan, en particulier les nuits où l’on recherche la nuit du Destin, ou dans les lieux méritoires comme La Mecque pour celui qui n’en est pas originaire, il est recommandé d’y multiplier la récitation du Coran, pour saisir le mérite du temps et du lieu. »

    Ibn Kathir a dit dans Fada’il Al Quran (p. 260) : « Parmi les récits étranges et surprenants en la matière, ce que le Cheikh Abu ‘Abd Al Rahman Al Sulami le soufi a mentionné en disant : “J’ai entendu le Cheikh Abu ‘Uthman Al Maghribi dire : Ibn Al Katib clôturait le Coran quatre fois le jour et quatre fois la nuit.” Cela est extrêmement rare. Ce genre de récits, et ceux qui leur ressemblent, parmi ce qui est authentique des Salafs, se comprend soit par le fait que le hadith [d’interdiction] ne leur était pas parvenu, soit par le fait qu’ils comprenaient et méditaient ce qu’ils récitaient malgré cette rapidité. Et Allah, Pureté à Lui et Très-Haut, est plus savant. » Son expression « parmi ce qui est authentique des Salafs » indique que de nombreux récits relatant des clôtures ne sont pas établis.

    Cheikh Al Albani, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans Da’if Sunan Al Tirmidhi (p. 357) au sujet du récit attribuant à ‘Uthman ibn ‘Affan, qu’Allah l’agrée, la récitation du Coran entier en une seule rak’a de Witr, et de celui attribué à Sa’id ibn Jubayr, qu’Allah lui fasse miséricorde : « L’Imam Al Tirmidhi a bien fait de rapporter ce récit et le suivant avec la formule du doute [sur l’authenticité], car une rak’a, aussi longue soit-elle, ne permet pas d’y réciter le Coran en entier, sans compter que cela contreviendrait à la Sunnah du Messager d’Allah ﷺ concernant l’inclinaison, la prosternation et la station debout. Loin de notre maître ‘Uthman qu’il ait fait une telle chose. »

    Cheikh Ibn Baz, qu’Allah lui fasse miséricorde, fut questionné en ces termes : « Quelle est la durée minimale pour clôturer le Coran ? » Il répondit : « Il n’y a pas de limite fixée, si ce n’est qu’il est préférable de ne pas le réciter en moins de trois jours, comme dans le hadith de ‘Abd Allah ibn ‘Amr : “Ne comprend pas celui qui le récite en moins de trois jours.” Le mieux est de veiller dans sa récitation au recueillement, à la psalmodie et à la méditation. L’objectif n’est pas la hâte, mais le bénéfice. Il convient de multiplier la récitation en Ramadan, comme le faisaient les Salafs, qu’Allah les agrée, mais avec méditation et réflexion. Si l’on clôture tous les trois jours, c’est bien. Certains Salafs ont dit que les temps de mérite en sont exclus et qu’il n’y a pas de mal à clôturer chaque nuit ou chaque jour, comme ils l’ont rapporté d’Al Shafi’i et d’autres. Cependant, l’apparent de la Sunnah est qu’il n’y a pas de différence entre Ramadan et les autres temps, et qu’il convient de ne pas se hâter, de s’apaiser dans sa récitation et de psalmodier, comme le Prophète ﷺ l’a ordonné à ‘Abd Allah ibn ‘Amr en disant : “Récite-le en sept jours”, ce qui est la dernière chose qu’il lui a ordonnée, puis il a dit : “Ne comprend pas celui qui le récite en moins de trois jours”, sans dire “sauf en Ramadan”. Le fait que certains Salafs aient restreint cela à ce qui est en dehors de Ramadan est discutable. Le plus juste, et Allah est plus savant, est que le croyant doit prendre soin du Coran, s’appliquer à bien le réciter, méditer ses sens et ne pas se hâter. Le mieux est de ne pas clôturer en moins de trois jours, conformément à ce qu’indique la Sunnah, même en Ramadan. » [Majmu’ Fatawa wa Maqalat Mutanawwi’a (11/350-351)] ↩︎

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Le Tawhid avant tout