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Le mois de Ramadan, une saison de l'au-delà

Le mérite du jeûne, le jeûne des membres, la prière nocturne et la Nuit du Destin

Toutes les louanges reviennent de droit à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut, dans leur plénitude et leur perfection, soient sur le maître des prophètes et des envoyés, notre Prophète Mohammed ﷺ, sur les membres de sa famille croyants, ses compagnons et quiconque suit sa guidée jusqu’au Jour du Jugement.

Ceci étant dit, il est connu qu’Allah a privilégié certaines périodes par rapport à d’autres. Il a ainsi distingué le mois de Ramadan parmi tous les mois, la Nuit du Destin parmi toutes les nuits, le jour de ‘Arafah parmi tous les jours, et le vendredi parmi tous les jours de la semaine :

Et ton Seigneur crée ce qu’Il veut et choisit. [Sourate 28, v.68]

Les musulmans ont devant eux, en ces jours, une saison parmi les saisons de l’au-delà : le mois béni de Ramadan. Allah a prescrit aux musulmans le jeûne de ses journées, et le Messager d’Allah ﷺ a instauré comme Sunnah la prière nocturne de ses nuits. Allah ﷿ a dit (dans le sens rapproché):

Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété. Durant des jours comptés. Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. Pour ceux qui ne pourraient le supporter qu’avec grande difficulté, il y a une compensation : nourrir un pauvre. Quiconque fait davantage de son plein gré, c’est un bien pour lui. Et que vous jeûniez est meilleur pour vous, si vous saviez. Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été révélé comme guide pour les gens, et preuves claires de la guidée et du discernement. Quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il le jeûne. Et quiconque est malade ou en voyage, qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas pour vous la difficulté, afin que vous complétiez le nombre, que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants. [Sourate 2, v.183-185]

La Sunnah du Messager d’Allah ﷺ est venue expliciter le mérite du jeûne en général, et celui du jeûne de Ramadan en particulier. Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Toute œuvre du fils d’Adam est multipliée, la bonne action étant récompensée de dix à sept cents fois. Allah ﷿ a dit : “Sauf le jeûne, car il est pour Moi et c’est Moi qui en accorde la récompense. Le jeûneur délaisse son désir et sa nourriture pour Moi.” Le jeûneur connaît deux joies : une joie lors de sa rupture du jeûne, et une joie lors de sa rencontre avec son Seigneur. Et l’haleine altérée du jeûneur est plus agréable auprès d’Allah que le parfum du musc. »1

Si Allah a distingué le jeûne en le rapportant spécifiquement à Lui dans Sa parole « Sauf le jeûne, car il est pour Moi et c’est Moi qui en accorde la récompense », bien que toutes les adorations Lui soient vouées, comme Il ﷿ l’a dit :

Dis : « Ma prière, mon sacrifice, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur des mondes. Il n’a point d’associé. C’est ce qui m’a été ordonné, et je suis le premier des soumis. » [Sourate 6, v.162-163]

c’est parce que le jeûne est un secret entre le serviteur et son Seigneur, que nul autre que Lui ne saurait percer. Le jeûneur pourrait manger chez lui sans que personne, hormis Allah, ne sache qu’il a rompu son jeûne. Quant à Sa parole « et c’est Moi qui en accorde la récompense », elle signifie qu’Il rétribue sans mesure.

Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte également que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Quiconque dépense deux biens de même nature dans le sentier d’Allah sera appelé depuis les portes du Paradis : “Ô serviteur d’Allah, ceci est un bien !” Celui qui fait partie des gens de la prière sera appelé depuis la porte de la prière. Celui qui fait partie des gens du Jihad sera appelé depuis la porte du Jihad. Celui qui fait partie des gens du jeûne sera appelé depuis la porte Al Rayyan. Et celui qui fait partie des gens de l’aumône sera appelé depuis la porte de l’aumône. »2

Dans ce hadith, trois portes du Paradis portent le nom d’œuvres pieuses : la prière, le Jihad et l’aumône. Toutefois, la porte réservée au jeûne n’a pas été appelée « porte du jeûne », mais « porte Al Rayyan ». Ce nom évoque la pleine désaltération, car les jeûneurs ont enduré la soif par leur jeûne pour Allah. Allah ﷿ les a ainsi récompensés en les faisant entrer par une porte dont le nom même suggère l’apaisement de leur soif.

Al Bukhari et Muslim rapportent d’après Sahl ibn Sa’d, qu’Allah l’agrée, que le Prophète ﷺ a dit : « Il y a au Paradis une porte appelée Al Rayyan par laquelle entreront les jeûneurs le Jour de la Résurrection. Nul autre qu’eux n’y entrera. On dira : “Où sont les jeûneurs ?” Ils se lèveront alors, et nul autre qu’eux n’y entrera. Une fois qu’ils seront entrés, elle sera fermée et plus personne n’y aura accès. »3

Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque jeûne Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. »4

Le jeûne, au sens linguistique, désigne l’abstention. Au sens juridique, il désigne le fait de s’abstenir, par rapprochement envers Allah, de manger, de boire et de tout ce qui rompt le jeûne, depuis l’aube véritable jusqu’au coucher du soleil. Le sens juridique constitue un cas particulier du sens linguistique, car il s’agit d’une abstention spécifique.

L’obligation de jeûner en s’abstenant de nourriture, de boisson et de tout ce qui rompt le jeûne s’applique au mois de Ramadan. Quant au jeûne de ce qui est illicite, il s’impose tout au long de la vie de l’être humain. Le musulman s’abstient durant les jours de Ramadan du licite et de l’illicite, et s’abstient tout au long de sa vie de l’illicite. Il emploie les membres dont Allah l’a gratifié (l’œil, la langue, l’oreille, la main, le pied et les parties intimes) dans ce qu’Allah a rendu licite, et s’interdit de les employer dans ce qu’Allah a proscrit. S’abstenir de les utiliser dans l’interdit constitue un jeûne au sens linguistique.

L’œil a été créé pour contempler ce qu’Allah a rendu licite, et il est interdit de l’utiliser pour regarder l’illicite. S’en abstenir constitue son jeûne, et ce jugement est permanent. La langue a été dotée pour s’exprimer dans le bien, et il est interdit de l’employer dans l’illicite. S’en abstenir constitue son jeûne, et ce jugement est permanent. L’oreille a été créée pour écouter ce qui est autorisé, et il est interdit de l’employer pour entendre ce qui ne l’est pas. S’en abstenir constitue son jeûne, et ce jugement est permanent. La main a été créée pour saisir ce qui est licite, et il est interdit de l’employer dans tout ce qui est illicite. S’en abstenir constitue son jeûne, et ce jugement est permanent. Le pied a été conçu pour marcher vers le bien, et il est interdit de l’utiliser pour se diriger vers l’illicite. S’en abstenir constitue son jeûne, et ce jugement est permanent. Les parties intimes ne doivent être sollicitées que dans le licite, et il est interdit de les employer dans l’illicite. S’en abstenir constitue leur jeûne, et ce jugement est permanent.

Allah a promis une récompense immense à quiconque se montre reconnaissant pour ces bienfaits et les emploie conformément à Son commandement. Il a menacé quiconque ne les préserve pas et ne respecte pas l’usage pour lequel ils sont destinés, les laissant au contraire errer dans ce qui suscite l’ire d’Allah loin de Sa satisfaction, et qui ne satisfait que shaytan, l’ennemi d’Allah et de Ses serviteurs. Il l’a menacé de Son châtiment et a informé que ces membres seront interrogés le Jour de la Résurrection à son sujet, et que lui-même sera interrogé à leur sujet. Allah ﷾ a dit :

Ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. L’ouïe, la vue et le cœur, sur tout cela il sera interrogé. [Sourate 17, v.36]

Allah ﷾ a dit :

Aujourd’hui Nous scellons leurs bouches, tandis que leurs mains Nous parlent et que leurs pieds témoignent de ce qu’ils commettaient. [Sourate 36, v.65]

Et Allah ﷾ a dit :

Le jour où les ennemis d’Allah seront rassemblés vers le Feu, ils seront retenus. Jusqu’à ce qu’ils y parviennent, leur ouïe, leurs yeux et leurs peaux témoigneront contre eux de ce qu’ils faisaient. Ils diront à leurs peaux : « Pourquoi avez-vous témoigné contre nous ? » Elles répondront : « C’est Allah qui nous a fait parler, Lui qui fait parler toute chose. C’est Lui qui vous a créés une première fois, et c’est vers Lui que vous serez ramenés. » [Sourate 41, v.19-21]

Le Prophète ﷺ enjoignit à Mu’adh ibn Jabal, qu’Allah l’agrée, de préserver sa langue. Mu’adh lui demanda : « Ô Prophète d’Allah, serons-nous donc châtiés pour ce que nous disons ? » Le Prophète ﷺ répondit : « Que ta mère te perde, ô Mu’adh ! Qu’est-ce qui précipite les gens dans le Feu sur leurs visages (ou sur leurs narines), si ce n’est les fruits de leurs langues ? »5

Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque me garantit ce qu’il a entre ses deux mâchoires et ce qu’il a entre ses deux jambes, je lui garantis le Paradis. »6 Al Tirmidhi (2409) le rapporte et le juge bon, d’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, en ces termes : « Quiconque Allah préserve du mal de ce qu’il a entre ses deux mâchoires et du mal de ce qu’il a entre ses deux jambes entrera au Paradis. » Ce qui est entre les mâchoires et les jambes désigne la langue et les parties intimes.

Le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque croit en Allah et au Jour dernier, qu’il dise du bien ou qu’il se taise. »7

Al Bukhari et Muslim rapportent d’après Abu Musa, qu’Allah l’agrée, qui demanda : « Ô Messager d’Allah, quel est le meilleur Islam ? » Il répondit : « Celui dont les musulmans sont préservés du mal de sa langue et de sa main. »8 Le Hafidh Ibn Hajar, qu’Allah lui fasse miséricorde, a commenté dans Fath Al Bari (1/54) : « Le hadith est d’une portée générale concernant la langue plus que la main, car la langue peut atteindre ceux du passé, ceux du présent et ceux de l’avenir. Contrairement à la main, qui peut certes s’associer à la langue en cela par l’écriture, et son influence est alors considérable. »

Le Prophète ﷺ a dit : « Le véritable insolvable de ma communauté est celui qui viendra le Jour de la Résurrection avec des prières, des jeûnes et des aumônes, mais qui aura insulté celui-ci, calomnié celui-là, dévoré les biens de cet autre, versé le sang de celui-ci et frappé celui-là. On donnera alors à chacun d’eux de ses bonnes actions. Si ses bonnes actions s’épuisent avant qu’il n’ait réparé ses torts, on prendra de leurs péchés pour les lui imputer, puis il sera jeté dans le Feu. »9

Le Prophète ﷺ a dit : « Le Paradis est entouré de choses désagréables (à l’âme) et le Feu est entouré de passions. »10 Al Bukhari le rapporte d’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, en ces termes : « Le Feu est voilé par les passions et le Paradis est voilé par les choses désagréables. »11

En somme, Allah a imposé au serviteur de préserver sa langue, ses parties intimes, son ouïe, sa vue, sa main et son pied de l’illicite, ce qui constitue un jeûne au sens linguistique. Ce jeûne ne se cantonne à aucune période particulière. Il est un devoir impérieux jusqu’à la mort, par obéissance à Allah ﷾, afin d’obtenir Son agrément et d’échapper à Son ire et à Son châtiment.

La prière nocturne durant Ramadan en congrégation à la mosquée est une Sunnah instaurée par le Messager d’Allah ﷺ. Il pria avec ses compagnons certaines nuits de Ramadan, puis ne poursuivit pas les nuits suivantes par crainte que cela ne devînt une obligation pour sa communauté. Le Messager d’Allah ﷺ mourut sans que cela ne fût imposé. Le caractère recommandé, fondé sur le fait qu’il ait prié avec ses compagnons certaines nuits, perdura. Durant le califat de ‘Umar, qu’Allah l’agrée, celui-ci rassembla les gens derrière un seul imam pour la prière de Tarawih.

Al Bukhari et Muslim rapportent d’après ‘Aïsha, qu’Allah l’agrée : « Le Messager d’Allah ﷺ pria une nuit à la mosquée et des gens prièrent derrière lui. La nuit suivante, il pria à nouveau et les fidèles affluèrent en plus grand nombre. La troisième ou la quatrième nuit, ils se rassemblèrent, mais le Messager d’Allah ﷺ ne sortit pas vers eux. Au matin, il dit : “J’ai bien vu ce que vous avez fait, et rien ne m’a empêché de sortir vers vous, si ce n’est la crainte que cela ne vous soit imposé.” Et cela se déroula durant Ramadan. »12

Al Bukhari et Muslim rapportent, selon les termes de ce dernier, d’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée : « Le Messager d’Allah ﷺ encourageait la prière nocturne de Ramadan sans l’ordonner de manière impérative. Il disait : “Quiconque prie les nuits de Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés.” Le Messager d’Allah ﷺ mourut et les choses restèrent ainsi. Elles restèrent ainsi durant le califat d’Abu Bakr, et au début du califat de ‘Umar. »13

La meilleure des nuits est la Nuit du Destin. Elle se situe dans les dix dernières nuits de Ramadan, et le Prophète ﷺ redoublait d’efforts durant ces dix nuits. Allah ﷿ a dit :

Nous l’avons certes révélé durant la Nuit du Destin. Et qui te dira ce qu’est la Nuit du Destin ? La Nuit du Destin est meilleure que mille mois. Les anges et l’Esprit [Djibril] y descendent, avec la permission de leur Seigneur, pour tout ordre. Elle est paix jusqu’à l’apparition de l’aube. [Sourate 97, v.1-5]

Al Bukhari et Muslim rapportent d’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, que le Prophète ﷺ a dit : « Quiconque jeûne Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. Et quiconque prie durant la Nuit du Destin avec foi et en espérant la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. »14

‘Aïsha, qu’Allah l’agrée, rapporte : « Le Messager d’Allah ﷺ accomplissait la retraite spirituelle durant les dix dernières nuits de Ramadan et disait : “Recherchez la Nuit du Destin dans les dix dernières nuits de Ramadan.” »15 Muslim rapporte d’après Ibn ‘Umar, qu’Allah les agrée tous deux : « Quiconque la recherche, qu’il la recherche dans les dix dernières nuits. »16 ‘Aïsha, qu’Allah l’agrée, rapporte : « Lorsque les dix dernières nuits arrivaient, le Messager d’Allah ﷺ serrait son pagne, veillait ses nuits et réveillait sa famille. »17

Le Prophète ﷺ n’a pas fixé un nombre déterminé de rak’at pour la prière nocturne. Au contraire, ce qui est rapporté indique que la question est large, comme en témoigne sa parole ﷺ : « La prière de nuit se fait deux par deux. Lorsque l’un d’entre vous craint l’arrivée de l’aube, qu’il prie une seule rak’a qui rendra impair l’ensemble de sa prière. »18

‘Aïsha, qu’Allah l’agrée, rapporte concernant la pratique du Prophète ﷺ : « Le Messager d’Allah ﷺ ne dépassait pas onze rak’at, ni durant Ramadan ni en dehors. »19 Le hadith d’Ibn ‘Abbas, qu’Allah les agrée tous deux, relatant la nuit passée chez sa tante Maymuna, qu’Allah l’agrée, mentionne que le Prophète ﷺ pria treize rak’at, saluant après chaque paire de rak’at et concluant par un Witr d’une seule rak’a.20

Ce qui est rapporté de sa pratique ﷺ n’implique pas l’interdiction d’en faire davantage. Cela montre seulement que sa pratique est préférable, à condition de réunir le nombre et la qualité, c’est-à-dire l’allongement de la récitation, de l’inclinaison et de la prosternation. Si le fidèle prie derrière un imam qui accomplit plus de rak’at que ce qui est rapporté de la pratique du Prophète ﷺ, il ne convient pas qu’il se retire avant le départ de l’imam, en vertu de sa parole ﷺ : « Quiconque prie avec l’imam jusqu’à ce qu’il ait terminé, la récompense d’une nuit entière de prière lui est inscrite. »21

Pour aborder cette immense saison parmi les saisons de l’au-delà, le musulman doit s’armer de résolution afin de la vivre pleinement, du début à la fin, par les œuvres pieuses qui élèvent ses degrés et effacent ses péchés. Parmi ces actes :

  1. Préserver son jeûne de tout ce qui le diminue ou l’entache.

  2. S’attacher à la prière nocturne avec les imams dans les mosquées, car l’accomplir à la mosquée est préférable à la prière chez soi, puisque c’est une adoration pour laquelle la congrégation est légiférée. Le fidèle ne doit pas se retirer avant le départ de l’imam, afin de gagner la récompense de la nuit entière [passée en prière].

  3. Faire preuve de générosité et de bienfaisance, en suivant l’exemple du Messager d’Allah ﷺ. Al Bukhari et Muslim rapportent d’après Ibn ‘Abbas, qu’Allah les agrée tous deux : « Le Prophète ﷺ était le plus généreux des hommes, et il l’était davantage encore durant Ramadan lorsqu’il rencontrait Jibril. Jibril le rencontrait chaque nuit de Ramadan pour étudier le Coran avec lui. Le Messager d’Allah ﷺ était alors plus prodigue en bienfaits que le vent impétueux. »22

  4. Multiplier la lecture du Coran et la méditation de ses sens.

  5. S’efforcer d’obtenir le pardon et prendre garde à ne pas sortir de ce mois sans être pardonné, conformément au hadith d’Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporté par Al Tirmidhi qui l’a jugé bon : « Humilié soit l’homme sur qui Ramadan arrive puis s’achève avant qu’il ne lui soit pardonné. »23

  6. Se garder d’occuper ses nuits par les divertissements, les jeux, les films et les séries qui foisonnent durant les nuits de Ramadan, en particulier ceux qui représentent les compagnons, qu’Allah les agrée. J’ai rédigé un texte intitulé « L’interdiction de représenter les prophètes, les messagers et les illustres compagnons », publié le 20/8/1433 H.

  7. S’efforcer de veiller toutes les nuits des dix dernières nuits de Ramadan, car la Nuit du Destin ne se trouve qu’en leur sein. Celui qui veille l’ensemble de ces nuits aura ainsi veillé la Nuit du Destin. Elle se déplace d’une nuit à l’autre au sein de ces dix nuits. Elle est survenue une année, du vivant du Prophète ﷺ, la vingt-et-unième nuit, comme l’attestent Al Bukhari et Muslim d’après Abu Sa’id, qu’Allah l’agrée.24

  8. De même que le musulman veille à jeûner le mois de Ramadan, il lui incombe à plus forte raison d’être encore plus assidu aux cinq prières en leurs temps, car elles sont la colonne de l’Islam et constituent un lien étroit entre le serviteur et son Seigneur, qui se renouvelle cinq fois par jour et par nuit.

  9. Après l’achèvement du mois du jeûne, et l’intimité que le musulman y a acquise avec l’adoration et le souci de s’y consacrer, il est de son bonheur de continuer à se rapprocher d’Allah par les œuvres pieuses, car Celui qui est adoré durant Ramadan est le même qui est adoré en Shawwal et en tout temps.

Je demande à Allah ﷿ d’accorder aux musulmans la réussite dans le jeûne du mois de Ramadan et dans ses prières nocturnes de la manière qui Le satisfait et rapproche de Lui, et de réformer leurs cœurs, leurs paroles et leurs actes. Il est certes l’Audient, Celui qui exauce.

Qu’Allah fasse les éloges, salue et bénisse Son serviteur et messager, notre Prophète Mohammed, les membres croyants de sa famille, ses compagnons et quiconque les suit avec bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement.

Écrit par: Cheikh ‘Abd Al Muhsin Al ‘Abbad Al Badr
Traduit par : Azwaw Abu ‘Abd Al Razzaq


  1. Rapporté par Al Bukhari (1894) et Muslim (2707), la formulation est celle de Muslim. ↩︎

  2. Rapporté par Al Bukhari (1897) et Muslim (2371). ↩︎

  3. Rapporté par Al Bukhari (1896) et Muslim (2710). ↩︎

  4. Rapporté par Al Bukhari (38) et Muslim (1781), d’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée. ↩︎

  5. Rapporté par Al Tirmidhi (2616) et d’autres. Al Tirmidhi l’a qualifié de bon et authentique. ↩︎

  6. Rapporté par Al Bukhari (6474), d’après Sahl ibn Sa’d, qu’Allah l’agrée. ↩︎

  7. Rapporté par Al Bukhari (6475) et Muslim (173), d’après Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée. ↩︎

  8. Rapporté par Al Bukhari (11) et Muslim (163). ↩︎

  9. Rapporté par Muslim (6579). ↩︎

  10. Rapporté par Muslim (7130), d’après Anas, qu’Allah l’agrée. ↩︎

  11. Rapporté par Al Bukhari (6487). ↩︎

  12. Rapporté par Al Bukhari (1129) et Muslim (1783). ↩︎

  13. Rapporté par Al Bukhari (2009) et Muslim (1780), la formulation est celle de Muslim. ↩︎

  14. Rapporté par Al Bukhari (2014) et Muslim (1781). ↩︎

  15. Rapporté par Al Bukhari (2020) et Muslim (2776). ↩︎

  16. Rapporté par Muslim (2766). ↩︎

  17. Rapporté par Al Bukhari (2024) et Muslim (2787). ↩︎

  18. Rapporté par Al Bukhari (990) et Muslim (1748), d’après Ibn ‘Umar, qu’Allah les agrée tous deux. ↩︎

  19. Rapporté par Al Bukhari (1147) et Muslim (1723). ↩︎

  20. Rapporté par Al Bukhari (183) et Muslim (1789). ↩︎

  21. Rapporté par les auteurs des quatre Sunan. Ce hadith respecte les critères de Muslim. Al Tirmidhi (806) l’a classé dans le chapitre « Ce qui est rapporté sur la prière nocturne du mois de Ramadan » et l’a qualifié de bon et authentique. ↩︎

  22. Rapporté par Al Bukhari (8) et Muslim (6009). ↩︎

  23. Rapporté par Al Tirmidhi (3545), jugé bon. Cheikh Al Albani, qu’Allah lui fasse miséricorde, a commenté dans sa note sur Al Mishkat (1/292) : « Le hadith est authentique, il est confirmé par de multiples narrations corroboratives rapportées par un groupe de compagnons. L’érudit Al Mundhiri l’a cité dans Al Targhib (2/282-283). » ↩︎

  24. Rapporté par Al Bukhari (2018) et Muslim (2769). ↩︎

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