Il est établi dans les deux Sahih, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Umar, qu’Allah les agrée tous deux, qu’il a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “L’Islam est bâti sur cinq [piliers] : le témoignage qu’il n’y a de divinité [digne d’adoration] qu’Allah et que Mohammed est Son serviteur et Messager, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la Zakat, le pèlerinage à la Maison, et le jeûne de Ramadan.” »1
Il nous faut, alors que nous sommes dans le mois du jeûne, aborder un sujet important et grandiose qui n’est pas moins important que le jeûne, bien plus, il le précède en rang et en place : la prière. La prière est parmi les plus grandes obligations qu’Allah a imposées à Ses serviteurs et la plus noble des prescriptions qu’Il leur a édictées. Elle est le pilier de la religion et le plus éminent de ses piliers après les deux témoignages. Elle est le lien entre le serviteur et son Seigneur,2 et la première chose sur laquelle le serviteur sera interrogé le Jour de la Résurrection. Si elle est saine, le reste de ses œuvres sera sain. Si elle est corrompue, le reste de ses œuvres sera corrompu. Elle est ce qui distingue la mécréance de l’Islam : l’accomplir est foi, la négliger est mécréance, égarement et désobéissance. Pas de religion pour celui qui n’a pas de prière, et pas de part dans l’Islam pour celui qui délaisse la prière. Celui qui la préserve aura une lumière dans son cœur, son visage, sa tombe et son rassemblement,3 et elle sera pour lui salut le Jour de la Résurrection. Il sera rassemblé avec ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux et quels excellents compagnons que ceux-là !4 Quant à celui qui ne la préserve pas, il n’aura ni lumière, ni preuve, ni salut le Jour de la Résurrection, et il sera rassemblé avec Pharaon, Haman, Qarun et Ubayy ibn Khalaf.
L’imam Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Il est venu dans le hadith : “Pas de part dans l’Islam pour celui qui délaisse la prière.” Et ‘Umar ibn Al Khattab écrivait aux provinces : “La plus importante de vos affaires à mes yeux est la prière. Celui qui la préserve préserve sa religion, et celui qui la néglige sera encore plus négligent envers le reste. Il n’y a pas de part dans l’Islam pour celui qui délaisse la prière.” Il dit : “Quiconque méprise la prière et la dédaigne, méprise et dédaigne l’Islam. Leur part dans l’Islam est à la mesure de leur part dans la prière, et leur attachement à l’Islam est à la mesure de leur attachement à la prière. Connais-toi toi-même, ô serviteur d’Allah, et prends garde de rencontrer Allah sans que l’Islam n’ait de valeur à tes yeux, car la valeur de l’Islam dans ton cœur est à la mesure de la valeur de la prière dans ton cœur.” Il est rapporté que le Prophète ﷺ a dit : “La prière est le pilier de la religion.” Ne sais-tu pas que la tente, lorsque son pilier s’effondre, la tente s’effondre et les cordes et les piquets ne servent plus à rien ? Et lorsque le pilier de la tente est dressé, les cordes et les piquets sont utiles. Il en va de même de la prière par rapport à l’Islam. Il est venu dans le hadith : “La première chose sur laquelle le serviteur sera interrogé le Jour de la Résurrection parmi ses œuvres est sa prière. Si elle est acceptée, le reste de ses œuvres sera accepté. Si elle est rejetée, le reste de ses œuvres sera rejeté.”5 Notre prière est la dernière chose de notre religion et la première chose sur laquelle nous serons interrogés demain parmi nos œuvres le Jour de la Résurrection. Après la disparition de la prière, il n’y a ni Islam ni religion puisque la prière est la dernière chose qui disparaît de l’Islam. »6
La négligence de la prière et le manque de soin à son égard est une affaire d’une extrême gravité, nullement anodine.7 Arrêtons-nous sur quelques textes concernant la prière :
Allah, Exalté soit-Il, dit (dans le sens rapproché) :
« Toute âme est l’otage de ce qu’elle a acquis, sauf les gens de la droite, dans des jardins, s’interrogeant au sujet des criminels : “Qu’est-ce qui vous a acheminés vers Saqar ?” Ils diront : “Nous n’étions pas de ceux qui accomplissaient la prière.” » [Sourate 74, v.38-43]
Il informe ainsi, Pureté à Lui, que celui qui délaisse la prière compte parmi les criminels acheminés vers Saqar, une vallée en Enfer.
Et Il dit, Exalté soit-Il :
« Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils se trouveront en perdition. » [Sourate 19, v.59]
Il est rapporté d’Ibn Mas’ud que « ghayy » (perdition) est une rivière en Enfer au goût infect et au fond insondable. Quelle immense affliction pour celui qui la rencontre et quelle intense détresse pour celui qui y sombre !
Et Il dit, Exalté soit-Il :
« S’ils se repentent, accomplissent la prière et acquittent la Zakat, ils sont alors vos frères dans la religion. » [Sourate 9, v.11]
Il a conditionné leur fraternité par l’accomplissement de la prière, ce qui indique que s’ils ne l’accomplissent pas, ils ne sont pas leurs frères.
Et Il dit, Exalté soit-Il :
« Et quand on leur dit : “Inclinez-vous”, ils ne s’inclinent pas. » [Sourate 77, v.48]
Il a mentionné cela après avoir dit :
« Mangez et jouissez un peu, vous êtes certes des criminels. » [Sourate 77, v.46]
Quant aux hadiths à ce sujet, ils sont nombreux. Parmi eux : ce que rapporte Muslim dans son Sahih d’après Jabir, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Entre l’homme et le Shirk et la mécréance, il y a l’abandon de la prière. »8 Ahmad et les auteurs des Sunan rapportent avec une chaîne authentique d’après Burayda Al Aslami, qu’Allah l’agrée, qu’il a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Le pacte qui est entre nous et eux est la prière, quiconque la délaisse a mécru.” »9 L’imam Ahmad rapporte avec une bonne chaîne, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn Al ‘As, que le Prophète ﷺ évoqua un jour la prière et dit : « Quiconque la préserve, elle sera pour lui lumière, preuve et salut le Jour de la Résurrection. Et quiconque ne la préserve pas n’aura ni lumière, ni preuve, ni salut, et il sera le Jour de la Résurrection avec Qarun, Pharaon, Haman et Ubayy ibn Khalaf. »10 Al Bukhari rapporte d’après Anas ibn Malik, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Quiconque atteste qu’il n’y a de divinité [digne d’adoration] qu’Allah, se tourne vers notre Qibla, prie notre prière et mange de notre viande sacrifiée, celui-là est le musulman : il a ce qu’a le musulman et doit ce que doit le musulman. »11 Ahmad, Malik et Al Nassaï rapportent avec une chaîne authentique d’après Mihjan Al Aslami, qu’Allah l’agrée : « Il était dans une assemblée avec le Messager d’Allah ﷺ lorsque l’appel à la prière fut lancé. Le Messager d’Allah ﷺ se leva puis revint alors que Mihjan était toujours à sa place. Le Messager d’Allah ﷺ lui dit : “Qu’est-ce qui t’a empêché de prier ? N’es-tu pas un homme musulman ?” Il dit : “Certes si, mais j’avais déjà prié chez moi.” Le Messager d’Allah ﷺ lui dit : “Lorsque tu viens, prie avec les gens même si tu as déjà prié.” »12
Il est rapporté des Compagnons, qu’Allah les agrée, à ce sujet de nombreuses traditions. Parmi elles : ce qui est rapporté de ‘Umar ibn Al Khattab, qu’Allah l’agrée, qu’il a dit : « Pas de part dans l’Islam pour celui qui délaisse la prière. »13 Et il a dit : « Pas d’Islam pour celui qui délaisse la prière. » Il a dit cela en présence des Compagnons et aucun d’eux ne le contredit. Bien plus, plusieurs Compagnons tinrent le même propos, parmi lesquels Mu’adh ibn Jabal, ‘Abd Al Rahman ibn ‘Awf, Abu Hurayra, ‘Abd Allah ibn Mas’ud et d’autres. Muslim rapporte d’après Ibn Mas’ud, qu’Allah l’agrée, qu’il a dit : « Quiconque aime rencontrer Allah demain en musulman, qu’il préserve ces prières là où l’on y appelle. Car Allah a institué pour votre Prophète ﷺ les voies de la guidée, et elles font partie des voies de la guidée. Si vous priez dans vos maisons comme prie celui qui reste en arrière dans sa maison, vous aurez délaissé la Sunnah de votre Prophète. Et si vous délaissez la Sunnah de votre Prophète, vous vous égarerez. Tout homme qui se purifie et parfait sa purification puis se dirige vers l’une de ces mosquées, Allah lui inscrit pour chaque pas qu’il fait une bonne action, l’élève d’un degré et lui efface un péché. De notre temps, personne ne s’en absentait sauf l’hypocrite dont l’hypocrisie était connue. L’homme était amené soutenu par deux hommes jusqu’à être placé dans le rang. »14
Si tel est le cas de celui qui n’assiste pas à la prière en congrégation, les Compagnons le considéraient comme un hypocrite d’hypocrisie connue, alors qu’en est-il de celui qui la délaisse complètement ! Nous demandons à Allah la préservation. Il est rapporté concernant le mérite de la préservation de la prière et la sévérité du châtiment de celui qui la néglige, outre ce qui précède, de nombreux textes que l’espace ne permet pas de développer ici.
Malgré cela, on observe chez certains jeûneurs la négligence de la prière et le manque de soin à son égard : soit en la retardant de son temps, soit en négligeant certaines prières tout en accordant attention et soin au jeûne. Ces gens n’ont-ils pas compris la place de la prière et la grandeur de son importance ? N’ont-ils pas trouvé dans l’école du jeûne ce qui les conduit à préserver la prière et à réaliser la crainte d’Allah, Pureté à Lui ? Bien plus, certains d’entre eux ont mal compris et se sont éloignés de la vérité dans leur compréhension de la parole du Prophète ﷺ : « Quiconque jeûne Ramadan avec foi et espoir de la récompense, ses péchés passés lui seront pardonnés », imaginant que ce jeûne lui suffit pour obtenir le pardon. Ils s’en sont satisfaits et ont négligé les prières. Quelle mauvaise compréhension et comme elle est éloignée de la vérité et de la guidée ! Où cela se situe-t-il par rapport aux textes d’exhortation et de mise en garde concernant la prière qui sont nombreux, et dont certains ont été mentionnés ? Dans le Sahih de Muslim, d’après Abu Hurayra, le Messager d’Allah ﷺ disait : « Les cinq prières, le vendredi jusqu’au vendredi, et Ramadan jusqu’à Ramadan sont des expiations pour ce qui est entre eux si l’on évite les péchés majeurs. » Or l’abandon de la prière est un péché majeur parmi les péchés majeurs, bien plus, les textes précédents indiquent que c’est une mécréance, et que la première chose sur laquelle le serviteur sera interrogé le Jour de la Résurrection parmi ses œuvres est sa prière. Si elle est acceptée, le reste de ses œuvres sera accepté. Si elle est rejetée, le reste de ses œuvres sera rejeté.
Nous demandons à Allah de nous accorder à tous l’accomplissement de la prière et de la faire comme l’a enseignée notre Messager ﷺ, dans les mosquées avec la congrégation. Qu’Il guide les égarés parmi les musulmans, et qu’Il nous fasse chérir la prière et toutes les adorations. Il est certes Audient, Proche et Exauceur.
Écrit par : Cheikh ‘Abd Al Razzaq Al Badr
Traduit par : Azwaw Abu ‘Abd Al Razzaq
Sahih Al Bukhari (8) et Muslim (16) (dont c’est la formulation). ↩︎
[NDT] L’auteur décrit ici la prière comme un lien (صلة) entre le serviteur et son Seigneur. Ce lien est un besoin vital pour le cœur, renouvelé au minimum cinq fois par jour, et ce besoin est plus impérieux que celui du corps en eau et en nourriture. L’homme peut se passer de manger et de boire pendant des jours, alors que la prière ne souffre aucun abandon ni aucun report : elle doit être accomplie en résidence comme en voyage (elle est alors raccourcie mais jamais délaissée), en bonne santé comme en maladie (debout, puis assis, puis couché, puis par signes, mais jamais délaissée), en temps de paix comme en temps de guerre (Allah a légiféré la prière de la peur sur le champ de bataille). Et parmi les piliers de l’Islam, elle est avec le Tawhid le seul dont nul n’est dispensé : la Zakat n’est due que par celui qui possède le seuil requis, le jeûne est reporté pour le malade et le voyageur, le pèlerinage n’est obligatoire qu’une fois dans la vie pour celui qui en a la capacité, mais la prière n’est jamais levée tant que la raison demeure. C’est que le besoin du cœur en cette connexion avec son Seigneur est plus grand que le besoin du corps en ce qui le maintient en vie. Ibn Rajab, qu’Allah lui fasse miséricorde, a développé cette réalité en disant : « Puisque la prière est un lien entre le serviteur et son Seigneur, que le prieur converse intimement avec son Seigneur et que son Seigneur le rapproche de Lui, seul celui qui est pur extérieurement et intérieurement est apte à entrer en prière. C’est pourquoi il a été légiféré pour le prieur de se purifier par l’eau : il efface ses péchés par les ablutions, puis marche vers les mosquées et efface ses péchés par la marche, et s’il reste quelque chose de ses péchés, la prière l’efface. Salman Al Farisi a dit : “Les ablutions effacent les petits méfaits, la marche vers la mosquée efface davantage, et la prière efface davantage encore.” Rapporté par Mohammed ibn Nasr Al Marwazi et d’autres. Puis lorsque le prieur se tient debout devant son Seigneur dans la prière et commence à converser intimement avec Lui, il lui est légiféré de demander en premier lieu à son Seigneur de l’éloigner de ce qui lui cause l’éloignement de son Seigneur (les péchés) et de l’en purifier, afin d’être alors apte à la proximité et à l’entretien intime, et qu’il recueille les fruits et les bénéfices de la prière : la connaissance, l’intimité, l’amour et la crainte révérencielle. Sa prière devient alors celle qui interdit la turpitude et le blâmable, et c’est la prière bénéfique. » [Fath Al Bari (6/375-376)] ↩︎
[NDT] Le Prophète ﷺ a dit : « La prière est lumière. » [Muslim (223)] Les savants ont expliqué cette lumière sous plusieurs aspects. L’imam Al Qurtubi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Son sens est que la prière, lorsqu’elle est accomplie avec ses conditions de validité et de perfection, illumine le cœur au point que les lumières des dévoilements et des connaissances y resplendissent, jusqu’à ce que l’affaire de celui qui la préserve pleinement aboutisse à ce qu’il dise : “la joie de mes yeux a été placée dans la prière.” Elle illumine également devant celui qui la préserve le Jour de la Résurrection dans ces ténèbres, et elle illumine aussi le visage de celui qui prie le Jour de la Résurrection, de sorte qu’il aura la Ghurrah et le Tahjil. » [Al Mufhim lima Ashkala min Talkhis Kitab Muslim (1/476)] L’imam Al Nawawi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a ajouté : « Son sens est qu’elle empêche son auteur des désobéissances, interdit la turpitude et le blâmable, et guide vers la rectitude, tout comme on s’éclaire par la lumière. On a dit aussi : sa récompense sera lumière pour son auteur le Jour de la Résurrection. On a dit aussi : c’est pour le resplendissement des lumières des connaissances, l’épanouissement du cœur et le dévoilement des vérités, du fait que le cœur s’y libère et se tourne vers Allah, Exalté soit-Il, extérieurement et intérieurement. Allah, Exalté soit-Il, a dit : “Et cherchez secours dans la patience et la prière” [Sourate 2, v.45]. On a dit aussi : elle sera une lumière visible sur son visage le Jour de la Résurrection, et en ce monde aussi son visage aura un éclat, contrairement à celui qui ne prie pas. » [Sharh Al Nawawi ‘ala Sahih Muslim (3/103)] Ces différents sens se complètent et peuvent tous être réunis. Cette lumière se manifeste pleinement pour ceux qui marchent dans l’obscurité vers les mosquées, car le Prophète ﷺ a dit : « Annonce à ceux qui marchent dans l’obscurité vers les mosquées la bonne nouvelle d’une lumière complète le Jour de la Résurrection. » [Al Tabarani, Al Mu’jam Al Awsat (680), jugé bon par Al Mundhiri dans Al Targhib wa Al Tarhib (1/290) et Al Haythami dans Majma’ Al Zawa’id (2/30)] Or ces prières de l’obscurité sont le Fajr et le ‘Isha, celles-là mêmes que le Prophète ﷺ a décrites comme les plus lourdes pour les hypocrites [Al Bukhari (657) et Muslim (651)], ce qui rejoint ce que l’auteur mentionnera plus loin sur la prière en congrégation comme signe distinctif entre croyants et hypocrites. Al Tayyibi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a relevé que la qualification de cette lumière comme « complète » et son rattachement au Jour de la Résurrection font allusion au verset : « Leur lumière courra devant eux et à leur droite, ils diront : Seigneur, parfais pour nous notre lumière » [Sourate 66, v.8], et à la parole des hypocrites aux croyants : « Attendez-nous, que nous empruntions de votre lumière » [Sourate 57, v.13]. [Al Kashif ‘an Haqa’iq Al Sunan (3/941)] ↩︎
[NDT] L’auteur fait ici allusion au verset : « Ceux-là sont avec ceux qu’Allah a comblés de Ses bienfaits parmi les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux, et quels excellents compagnons que ceux-là ! » [Sourate 4, v.69] Ce sont précisément ces quatre catégories que le serviteur demande à Allah de rejoindre à chaque rak’ah lorsqu’il récite dans la Fatiha : « Guide-nous vers le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de Tes bienfaits » [Sourate 1, v.6-7]. C’est la plus grande demande que le serviteur adresse à son Seigneur et le plus noble des objectifs qu’il puisse viser, et c’est par miséricorde qu’Allah a rendu la récitation de cette sourate obligatoire dans chaque rak’ah, afin que le serviteur ne cesse de renouveler cette demande et ne s’en détourne jamais. ↩︎
[NDT] Ce hadith est rapporté sous plusieurs formulations. Dans sa version la plus détaillée, le Prophète ﷺ a dit : « La première chose sur laquelle le serviteur sera jugé le Jour de la Résurrection parmi ses œuvres est la prière. Si elle est saine, il aura réussi et prospéré. Si elle est corrompue, il aura échoué et perdu. Et s’il manque quelque chose de son obligation, le Seigneur dira : “Regardez si Mon serviteur a des prières surérogatoires”, et elles compléteront ce qui manque de l’obligation. Puis le reste de ses œuvres sera traité de la même manière. » [Al Tirmidhi (413), Al Nassaï (465), Abu Dawud (864) avec une formulation proche, authentifié par Al Albani dans Sahih Al Jami’ (2020)] Ainsi la prière est à la fois le premier critère du jugement, ce dont dépend le reste des œuvres, et le moyen même de réparation. ↩︎
Hukm Tarik Al Salat d’Ibn Al Qayyim (p. 9).
[NDT] L’imam Ahmad s’appuie ici sur le hadith d’Abu Umamah Al Bahili, qu’Allah l’agrée, dans lequel le Prophète ﷺ a dit : « Les liens de l’Islam se dénoueront un par un, chaque fois qu’un lien se dénouera les gens s’accrocheront au suivant. Le premier à être dénoué est le jugement, et le dernier est la prière. » [Ahmad (22160), ‘Abd Allah ibn Ahmad dans Al Sunnah (764), Al Marwazi dans Ta’dhim Qadr Al Salat (407), Ibn Hibban (4866), authentifié par Al Albani dans Sahih Al Jami’ (5075)] C’est sur la base de ce hadith que l’imam Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde, exhortait les gens à s’accrocher à la prière en ces termes : « Notre prière est la dernière chose de notre religion, et la première chose sur laquelle nous serons interrogés demain parmi nos œuvres. Il n’y a ni Islam ni religion après la disparition de la prière. Et puisque la prière est la dernière chose qui disparaît de l’Islam, tout ce dont la dernière partie disparaît a entièrement disparu. Accrochez-vous donc, qu’Allah vous fasse miséricorde, à la dernière chose de votre religion. » [Tabaqat Al Hanabilah (2/446)] ↩︎
[NDT] La négligence (تضييع) de la prière se manifeste à plusieurs niveaux : l’abandonner entièrement, la retarder de son temps prescrit, ou ne pas accomplir ses droits (conditions, piliers, obligations). L’abandon total est le degré le plus grave, car il constitue une mécréance comme l’indiquent les textes précédents. Mais le simple fait de la retarder de son temps est en lui-même une forme de négligence grave. ‘Abd Allah ibn Mas’ud, qu’Allah l’agrée, a été interrogé : « Allah multiplie la mention de la prière [dans le Coran] : “Ceux qui sont assidus dans leur prière” [Sourate 70, v.23], “Ceux qui veillent sur leur prière” [Sourate 70, v.34]. » Il a répondu : « Cela concerne ses horaires. » On lui dit : « Nous pensions que cela ne concernait que son abandon. » Il a dit : « Car son abandon est mécréance. » [Al Tabarani, Al Mu’jam Al Kabir (8940), Al Marwazi, Ta’dhim Qadr Al Salat (938)] Sa’id ibn Al Musayyib, qu’Allah lui fasse miséricorde, a précisé : « C’est ne pas prier le Dhuhr jusqu’à ce que le ‘Asr arrive, et ne pas prier le ‘Asr jusqu’au coucher du soleil. » [Tafsir Al Baghawi (5/241)] C’est le sens du verset : « Ils délaissèrent la prière et suivirent leurs passions » [Sourate 19, v.59]. Tout ce qui a été rapporté des Salafs, qu’Allah leur fasse miséricorde, dans l’explication de ce verset entre dans son sens : la retarder de son temps, ne pas la prier en congrégation, manquer à ses conditions, nier son caractère obligatoire, déserter les mosquées, tout cela est une forme de négligence, même si ces formes varient en gravité. [Adwa’ Al Bayan (3/444)] ↩︎
Muslim (82). ↩︎
Musnad de l’imam Ahmad (22833), Sunan Al Tirmidhi (2621) (il dit : hadith beau et authentique), Al Nassaï (463) et Ibn Majah (1079). ↩︎
Musnad de l’imam Ahmad (2/169, n° 6576). Ahmad Shakir a authentifié sa chaîne.
[NDT] Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a relevé une remarque subtile dans le choix de ces quatre personnages. Il a dit : « Ces quatre-là ont été spécifiquement mentionnés car ils font partie des chefs des mécréants. Et il y a là une remarque subtile et admirable : celui qui délaisse la préservation de la prière en est distrait soit par ses richesses, soit par son pouvoir, soit par sa position, soit par son commerce. Celui que ses richesses en distraient sera avec Qarun ; celui que son pouvoir en distrait sera avec Pharaon ; celui qu’en distrait sa position (ministère ou autre) sera avec Haman ; et celui que son commerce en distrait sera avec Ubayy ibn Khalaf. » [Al Salat (p. 70)] ↩︎
Sahih Al Bukhari (393). ↩︎
Musnad de l’imam Ahmad (16347), Muwatta’ de l’imam Malik (293), Sunan Al Nassaï (857).
[NDT] Dans une version rapportée par la voie de Waki’, d’après Sufyan : « Si tu fais cela, prie avec eux et fais-en une surérogatoire. » [Musnad de l’imam Ahmad (18978)] ↩︎
Muwatta’ de l’imam Malik (74), Sunan Al Bayhaqi (6291), Musannaf ‘Abd Al Razzaq (3/125), Musannaf Ibn Abi Shayba (8/581). ↩︎
Muslim (654).
[NDT] Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a tiré de ce hadith la preuve de l’obligation de la prière en congrégation. Il a dit : « L’argumentation qui en découle est qu’il a fait de l’absence à la congrégation un signe des hypocrites dont l’hypocrisie est avérée. Or les signes de l’hypocrisie ne résultent jamais de l’abandon d’un acte simplement recommandé ni de la commission d’un acte simplement réprouvé. Et quiconque examine les signes de l’hypocrisie dans la Sunnah les trouvera soit liés à l’abandon d’une obligation, soit à la commission d’un interdit. » Il a renforcé ce sens en disant : « Il a nommé celui qui la délaisse et prie chez lui : un “resté en arrière”, un abandonnateur de la Sunnah, c’est-à-dire la voie du Messager d’Allah ﷺ sur laquelle il était, et sa législation qu’il a légiférée pour sa communauté. Il ne s’agit pas de la Sunnah que l’on peut faire ou délaisser à son gré, car son abandon ne constitue ni un égarement ni un signe d’hypocrisie, comme la prière de Duha, la prière nocturne ou le jeûne du lundi et du jeudi. » [Al Salat (p. 229)] ↩︎
