La patience constitue le fondement majeur de tout noble caractère et le rempart contre tout caractère vil. Elle consiste à astreindre l’âme à endurer ce qui lui répugne et ce qui contrarie son désir, en quête de l’agrément d’Allah et de Sa récompense. Elle englobe la patience dans l’obéissance à Allah, la patience face à Sa désobéissance, et la patience face aux décrets douloureux d’Allah. Ces trois dimensions, qui embrassent la religion tout entière, ne s’accomplissent qu’avec la patience :
Les actes d’obéissance, en particulier les plus éprouvants comme le combat dans le sentier d’Allah, et les adorations assidues comme la quête du savoir et la constance dans les paroles et actes bénéfiques, ne s’accomplissent qu’avec la patience, l’entraînement de l’âme à la persévérance, à l’assiduité et à la vigilance constante. Sitôt que la patience faiblit, ces actes déclinent et peuvent même s’interrompre.
De même, retenir l’âme des péchés, en particulier ceux vers lesquels elle éprouve un fort penchant, ne s’accomplit qu’avec la patience et la persévérance à contrecarrer les passions et à endurer l’amertume qui en découle.
De même, lorsque les épreuves s’abattent sur le serviteur et qu’il aspire à les accueillir avec agrément, gratitude et louange à Allah1, cela ne s’accomplit qu’avec la patience et l’espérance de la récompense. Et lorsque le serviteur entraîne son âme à la patience, l’accoutume à endurer les difficultés et les obstacles, et s’efforce avec ardeur de parfaire cela, son issue sera la réussite et le succès. Rares sont ceux qui s’engagent avec détermination dans une quête tout en s’armant de patience, sans finir par remporter la victoire.
Le mois de Ramadan est une école grandiose et un édifice imposant d’où les serviteurs puisent de nombreuses leçons et enseignements bénéfiques, propres à éduquer les âmes et à les redresser durant ce mois et tout au long de leur vie. Parmi ce que récoltent les jeûneurs en ce mois grandiose et cette saison bénie : accoutumer l’âme à la patience et l’y exercer. C’est pourquoi le noble Prophète ﷺ a qualifié le mois de Ramadan de mois de la patience dans plus d’un hadith. Parmi eux, ce que rapportent l’imam Ahmad et Muslim d’après Abu Qatada, qu’Allah l’agrée, que le Prophète ﷺ a dit : « Le jeûne du mois de la patience et de trois jours de chaque mois équivaut au jeûne perpétuel. »2 L’imam Ahmad rapporte également d’après Yazid ibn ‘Abd Allah ibn Al Shikhkhir, d’après un bédouin qui dit : J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire, et il mentionna le hadith, que le Prophète ﷺ a dit : « Le jeûne du mois de la patience et de trois jours de chaque mois dissipent la rancœur [Wahar] de la poitrine. »3 Al Nassaï rapporte d’après Al Bahili, qu’Allah l’agrée, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Jeûne le mois de la patience et trois jours de chaque mois… »4
Dans ces trois hadiths, le Prophète ﷺ a qualifié le mois de Ramadan de mois de la patience car en Ramadan se réunissent tous les types de patience : la patience dans l’obéissance à Allah, la patience face à Sa désobéissance, et la patience face aux décrets douloureux d’Allah :
En Ramadan se trouvent le jeûne, la prière nocturne, la récitation du Coran, la piété, la bienfaisance, la générosité, la largesse, le fait de nourrir les gens, l’évocation, l’invocation, le repentir, la demande de pardon, et d’autres actes d’obéissance. Tout cela requiert de la patience pour que l’homme les accomplisse de la manière la plus complète et la plus achevée.5
S’y trouve également la retenue de la langue contre le mensonge, la tromperie, les paroles vaines, les insultes, les injures, le vacarme, la dispute, la médisance et la calomnie, ainsi que la préservation des autres membres de tout péché, et cela vaut en Ramadan comme en dehors. Se garder de ces péchés requiert de la patience pour que le serviteur puisse se prémunir d’y succomber.6
En Ramadan se trouve également le délaissement de la nourriture, de la boisson et de ce qui s’y rattache, alors que l’âme y aspire, ainsi que la retenue de l’âme face à ce qu’Allah a rendu licite parmi les plaisirs et les jouissances comme les rapports conjugaux et leurs préliminaires. L’âme ne peut y parvenir qu’avec la patience.7
Ramadan rassemble donc toutes les formes de patience. Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « L’âme possède deux forces : la force d’initiative et la force de retenue. La réalité de la patience est de consacrer la force d’initiative à ce qui lui est bénéfique, et la force de retenue à se garder de ce qui lui est nuisible. Parmi les gens, certains ont une patience pour accomplir ce qui leur est bénéfique et une constance plus fortes que leur patience face à ce qui leur nuit : ils endurent la difficulté de l’obéissance mais ne résistent pas à l’appel de leurs passions vers ce qui est interdit. D’autres ont une patience face aux désobéissances plus forte que leur patience face à la difficulté des obéissances. D’autres n’ont de patience ni pour l’une ni pour l’autre. Les meilleurs sont les plus patients dans les deux cas. Beaucoup de gens endurent la difficulté de prier la nuit dans la chaleur et le froid et la difficulté du jeûne, mais ne patientent pas face à un regard interdit. Beaucoup de gens patientent face au regard interdit et à l’attrait des images, mais n’ont pas de patience pour ordonner le bien, interdire le mal et combattre les mécréants et les hypocrites ; ils sont au contraire ce qu’il y a de plus faible et de plus impuissant en cela. La plupart n’ont de patience pour aucune des deux choses, et les plus rares sont ceux qui patientent dans les deux situations. »8
Il dit également : « L’homme parmi nous, lorsque sa patience triomphe de l’incitation des passions et des désirs, rejoint les anges. Lorsque l’incitation des passions et des désirs triomphe de sa patience, il rejoint les démons. Et lorsque ses penchants naturels pour la nourriture, la boisson et les rapports l’emportent sur sa patience, il rejoint les bêtes. »9
Allah a prescrit la patience, fait l’éloge des patients et annoncé qu’ils auront les stations élevées et les honneurs précieux, dans de nombreux versets du Coran10. Il a informé qu’ils recevront leur récompense sans compter. Allah, Exalté soit-Il, dit (dans le sens rapproché) : « Ô vous qui avez cru ! Soyez patients ! Rivalisez de patience ! Soyez vigilants et craignez Allah afin que vous réussissiez. » [Sourate 3, v.200]11 Et Il dit, Exalté soit-Il : « Et cherchez secours dans la patience et la prière. » [Sourate 2, v.45] Et Il dit, Pureté à Lui : « Et fais la bonne annonce aux patients, qui, lorsqu’un malheur les atteint, disent : “Certes nous sommes à Allah, et c’est vers Lui que nous retournons.” Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur ainsi que la miséricorde ; et ceux-là sont les bien guidés. » [Sourate 2, v.155-157] Et Il dit, Exalté soit-Il : « Et les patients dans la misère, la maladie et au plus fort du combat. Voilà ceux qui sont véridiques, et voilà les vrais pieux. » [Sourate 2, v.177] Et Il dit ﷻ : « Certes, Allah est avec les patients. » [Sourate 2, v.153] Et Il dit, Exalté soit-Il, concernant la rétribution et la récompense des patients : « Les patients auront leur pleine récompense sans compter. » [Sourate 39, v.10]12 Et il ﷺ a dit : « Et celui qui s’efforce de patienter, Allah lui accordera la patience. »13 Et il ﷺ a dit : « Et la victoire vient avec la patience. »14
Il te suffit d’un caractère qui allège pour le serviteur la rigueur des obéissances, lui adoucit le délaissement de ce que les âmes convoitent parmi les désobéissances, le console face aux épreuves, et nourrit tous les beaux caractères en leur servant de fondement comme le socle soutient l’édifice. Lorsque le serviteur sait ce que renferment les obéissances comme biens immédiats et futurs, ce que renferment les désobéissances comme maux immédiats et futurs, et ce que contient la patience face aux épreuves comme récompense abondante et rétribution immense, la patience devient aisée pour l’âme. Celle-ci peut même y venir docile, savourant ses fruits. Si la patience face aux grandes difficultés est légère pour les gens de ce monde afin d’obtenir ses débris éphémères, comment ne le serait-elle pas davantage pour le croyant assisté par Allah dans ce qu’Allah aime, afin d’en recueillir les fruits ! Et lorsque le serviteur patiente pour Allah avec sincérité dans sa patience, Allah est avec lui, car Allah est avec les patients15, par le secours, l’assistance, le soutien et la bonne direction.
Ô Allah, accorde-nous de nous acquitter du droit de ce mois, purifie-nous de la rancœur de la poitrine, et revêts-nous en lui des parures de la certitude et de la patience.
Écrit par : Cheikh ‘Abd Al Razzaq Al Badr
Traduit par : Azwaw Abu ‘Abd Al Razzaq
[NDT] L’auteur mentionne ici trois attitudes face aux épreuves, l’agrément, la gratitude et la louange, qui correspondent aux niveaux les plus élevés décrits par les savants. Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a détaillé quatre niveaux face aux épreuves dans ‘Uddat Al Sabirin wa Dhakhirat Al Shakirin (p. 120) : « Le premier est le niveau de l’impuissance, de la plainte et du mécontentement, et seuls les plus faibles en raison, en religion et en noblesse s’y adonnent, et c’est là la plus grande des deux épreuves. Le deuxième est le niveau de la patience, soit pour Allah, soit par noblesse et humanité. Le troisième est le niveau de l’agrément, plus élevé que la patience, et son caractère obligatoire fait l’objet de divergence, tandis que l’obligation de la patience fait consensus. Le quatrième est le niveau de la gratitude, plus élevé que l’agrément, car le serviteur voit dans l’épreuve un bienfait et remercie Celui qui l’éprouve. » ↩︎
Musnad Ahmad (7567, 8965) et Muslim (1162), la formulation est celle de l’imam Ahmad. ↩︎
Musnad de l’imam Ahmad (22965).
[NDT] Le terme arabe “Wahar” (وَحَر) désigne la rage, la rancœur, la malveillance qui habite la poitrine ainsi que ses murmures, l’inimitié et la rancune tenace. Ibn Shumayl a dit que c’est la colère la plus véhémente. Le mot tire son origine de la “Wahara” (الوَحَرَة), une petite créature qui s’agrippe au sol : les Arabes ont comparé l’inimitié et son adhérence à la poitrine à l’adhérence de cette créature à la terre [Lisan Al Arab (5/281)]. Ibn Battal, qu’Allah lui fasse miséricorde, a précisé que c’est un petit lézard rougeâtre qui se plaque contre le sol [Sharh Sahih Al Bukhari (7/472)]. ↩︎
Sunan Al Nassaï (2756). Voir Sahih Al Jami’ (3794). ↩︎
[NDT] Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui jeûne le Ramadan avec foi et espérance de la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. » Et il ﷺ a dit : « Celui qui prie durant les nuits de Ramadan avec foi et espérance de la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. » Et il ﷺ a dit : « Celui qui veille la Nuit du Destin avec foi et espérance de la récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. » Rapportés par Al Bukhari (38, 37, 1901) et Muslim (760, 759). ↩︎
[NDT] Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui ne délaisse pas les paroles mensongères et la pratique [du mensonge], Allah n’a nul besoin qu’il délaisse sa nourriture et sa boisson. » Rapporté par Al Bukhari (1903). Et il ﷺ a dit : « Le jeûne est un bouclier. Lorsque l’un de vous jeûne, qu’il ne tienne pas de propos obscènes et qu’il ne se comporte pas avec ignorance. Si quelqu’un l’insulte ou le provoque, qu’il dise : “Je suis en état de jeûne.” » Rapporté par Al Bukhari (1904) et Muslim (1151). Abu Hurayra, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète ﷺ a dit : « Combien de jeûneurs ne récoltent de leur jeûne que la faim, et combien de priants nocturnes ne récoltent de leur veillée que la privation de sommeil. » [Ahmad (9685), la formulation est la sienne, Al Darimi (2720) et Ibn Khuzayma (1997) avec une légère variante. Chaîne de transmission jugée bonne (Hassan) par Shu’ayb Al Arna’ut dans Takhrij Al Musnad (9685)]. ↩︎
[NDT] Dans le hadith divin (Qudsi), Allah, Exalté soit-Il, dit : « Toute œuvre du fils d’Adam est pour lui, sauf le jeûne : il est pour Moi et c’est Moi qui en accorde la récompense. Il délaisse sa nourriture, sa boisson et son désir pour Moi. » Rapporté par Al Bukhari (1904) et Muslim (1151). ↩︎
‘Uddat Al Sabirin wa Dhakhirat Al Shakirin (p. 37).
[NDT] Si telle fut la description d’Ibn Al Qayyim à son époque, au huitième siècle de l’Hégire, que dire alors de notre temps où les voies menant au mal se sont multipliées de manière effrénée ? Les regards interdits, les paroles obscènes et les tentations de toute nature sont devenus accessibles à portée de main, à toute heure du jour et de la nuit, par le biais des écrans et des réseaux. La patience face à ces assauts est devenue un combat de chaque instant, et celui qui s’en préserve aujourd’hui est tel que l’a décrit le Prophète ﷺ : « Il viendra aux gens un temps où celui qui patiente sur sa religion sera semblable à celui qui agrippe des braises. » [Al Tirmidhi (2260). Jugé authentique (Sahih) par Al Albani dans Sahih Al Jami’ (8002)]. Qu’Allah nous accorde la patience et la constance. ↩︎
[NDT] Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, fonde cette classification sur la nature tripartite de l’homme. Les anges possèdent la raison sans les désirs, les bêtes possèdent les désirs sans la raison, et l’homme réunit les deux à la fois. Celui dont la patience triomphe des désirs rejoint donc les anges, et il leur est même supérieur à certains égards, car l’ange ne livre aucun combat contre les désirs. Celui dont les passions et les désirs dominent sa patience rejoint les démons. Et celui dont les instincts naturels l’emportent rejoint les bêtes. [‘Uddat Al Sabirin wa Dhakhirat Al Shakirin (p. 44)]. ↩︎
[NDT] L’imam Ahmad, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « La patience est mentionnée dans le Coran en environ quatre-vingt-dix endroits. » Rapporté par Ibn Al Qayyim dans Madarij Al Salikin (1/166). Dans une autre narration rapportée par Al Marwadhi, citée par Ibn Al Qayyim dans Bada’i Al Fawa’id (3/1033), l’imam Ahmad a précisé : « Dans le Coran, la patience est louée en quatre-vingt-deux endroits, et blâmée en deux endroits. » Les deux endroits blâmés sont : « Que nous nous lamentions ou que nous patientions, c’est égal pour nous » [Sourate 14, v.21] et « Marchez et restez constants à vos divinités » [Sourate 38, v.6], ou bien : « Qu’est-ce qui les rend si endurants au Feu ! » [Sourate 2, v.175] Al Marwadhi ayant hésité entre ces deux derniers versets. Le décompte exact donne cent trois endroits. J’ai entendu Cheikh ‘Abd Al Razzaq Al Badr faire observer qu’un tel décompte ne s’obtenait qu’après une lecture attentive et répétée du Coran tout entier, ce qui témoigne de l’intimité que ces savants entretenaient avec le Livre d’Allah, alors qu’aujourd’hui n’importe qui peut trouver ce chiffre en un instant grâce aux outils numériques. Que ceux qui se permettent de relever les écarts de décompte chez ces imams mesurent donc la distance entre leur propre rapport au Coran et celui de ces hommes qui le portaient dans leur poitrine. ↩︎
[NDT] Ce verset renferme trois degrés ascendants. Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans ‘Uddat Al Sabirin wa Dhakhirat Al Shakirin (p. 33-34) : « Allah leur a ordonné la patience (Al Sabr), qui est l’état du patient en lui-même ; la rivalité de patience (Al Musabara), qui est son état dans l’effort de patience face à son adversaire ; et la vigilance (Al Murabata), qui est la constance, l’assiduité et la persévérance dans l’effort de patience et la rivalité de patience. Le serviteur peut patienter sans rivaliser de patience, rivaliser de patience sans être vigilant, ou patienter, rivaliser et être vigilant sans s’astreindre à la piété. Allah, Pureté à Lui, a informé que la clé de tout cela est la piété, et que la réussite en dépend, en disant : “Et craignez Allah afin que vous réussissiez.” La vigilance (Al Murabata), de même qu’elle consiste extérieurement à garder la brèche par laquelle on craint l’assaut de l’ennemi, elle consiste intérieurement à garder la brèche du cœur afin que les passions et le shaytan n’y pénètrent pas et ne délogent le serviteur de son royaume. » ↩︎
[NDT] ‘Ali ibn Abi Talib, qu’Allah l’agrée, a dit : « Tout obéissant reçoit sa récompense mesurée et pesée, sauf les patients, car elle leur est versée à pleines poignées. » [Al Jami’ li Ahkam Al Quran (15/241)]. ↩︎
Rapporté par Al Bukhari (1469).
[NDT] Le verbe arabe “Yatasabbar” (يَتَصَبَّر) suit le schème “Tafa’ul” qui exprime l’effort et l’exercice, à l’image de “Tahallum” (s’efforcer d’être clément) et “Tashajju’” (s’efforcer d’être courageux). Ibn Al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans ‘Uddat Al Sabirin wa Dhakhirat Al Shakirin (p. 31) : « Lorsque le serviteur s’y exerce et s’y entraîne, cela devient pour lui une seconde nature. » ↩︎
Rapporté par l’imam Ahmad dans le Musnad (2666) et Al Hakim dans Al Mustadrak (6304).
[NDT] Ibn Rajab, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans Jami’ Al ‘Ulum wa Al Hikam (1/490) : « La victoire englobe la victoire dans les deux combats : le combat contre l’ennemi extérieur et le combat contre l’ennemi intérieur. Celui qui patiente dans les deux est victorieux et triomphe de son ennemi, et celui qui ne patiente pas et s’impatiente est vaincu et fait prisonnier par son ennemi, ou tué par lui. » ↩︎
[NDT] Les savants distinguent deux types de proximité divine (Ma’iyya). Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit dans Majmu’ Al Fatawa (5/122) : « La proximité est de deux sortes : générale et spécifique. La générale est dans Sa parole : “Et Il est avec vous où que vous soyez” [Sourate 57, v.4], et la spécifique dans Sa parole : “Certes, Allah est avec ceux qui Le craignent et ceux qui sont bienfaisants” [Sourate 16, v.128]. » La première est une proximité par la science envers l’ensemble de la création. La seconde, celle évoquée ici par l’auteur, est une proximité de secours, de soutien et de victoire, réservée aux croyants qui en remplissent les conditions, au premier rang desquelles la patience. Cette proximité ne signifie nullement que l’Essence divine se mêle à la création ni qu’elle s’y fond, comme le prétendent les tenants du panthéisme et ceux qui s’y apparentent parmi les soufis. Ibn Taymiyya a précisé dans Al ‘Aqida Al Wasitiyya (p. 18) : « Ce qui est mentionné dans le Livre et la Sunnah au sujet de Sa proximité et de Sa compagnie ne contredit pas ce qui est mentionné au sujet de Son élévation, car rien ne Lui est semblable en aucun de Ses attributs, et Il est Élevé dans Sa proximité, Proche dans Son élévation. » ↩︎
